Catégorie : Tribunes

Déclaration sur les boycotts académiques

La déclaration qui suit a été approuvée en juillet 2024 par le Comité A (liberté académique et titularisation) de l’Association américaine des professeurs d’université (American Association of University Professors, AAUP) et adoptée en août 2024 par le Conseil de l’Association. Elle remplace le rapport de 2006 du Comité A « Sur les boycotts académiques ».

Effacer la Palestine

Il est extraordinaire qu’à ce jour pas une seule université des États-Unis n’ait officiellement condamné le génocide de Gaza — ou, au moins, la destruction israélienne systématique des universités là-bas. Au contraire, elles ont insisté sur le maintien de leurs liens institutionnels avec leurs homologues israéliennes, y compris celles impliquées dans la guerre contre la société et la vie palestiniennes, ainsi que le maintien de leurs investissements dans des entreprises se gorgeant des profits engendrés par la mort des Palestiniens.

Des milliers d’universitaires européens demandent la fin du soutien européen aux institutions universitaires israéliennes 

Plus de 2000 universitaires européens et 45 organisations ont signé une pétition demandant que la Commission européenne mette fin au traité d’association entre Israël et l’Union européenne, retirant ainsi un pilier du soutien financier européen aux institutions israéliennes qui sont complices de violations des droits humains.

Les conséquences de l’avis de la CIJ relatif à l’occupation du Territoire palestinien

Par François Dubuisson, professeur de droit international à l’université libre de Bruxelles.

Cet article revient sur certains effets juridiques que pourrait avoir, de manière assez immédiate, l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) rendu le 19 juillet 2024 dans l’Affaire des Conséquences juridiques découlant des politiques et pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.

Implications de l’avis consultatif de la CIJ pour l’accord d’association UE-Israël

L’article 2 de l’accord d’association UE-Israël engage l’UE et ses États membres à fonder leurs relations, et les dispositions des accords eux-mêmes, sur le respect des droits de l’homme. En outre, dans leurs relations avec les États engagés dans un conflit armé ou une occupation belligérante, comme Israël, tous les États membres de l’UE sont liés par l’obligation établie à l’article 1 commun aux Conventions de Genève de « respecter et faire respecter [ces] Conventions en toutes circonstances ». Pourtant, ce qui a généralement caractérisé la politique de l’UE est « une attitude constante de déférence, à la limite de l’acquiescement légal, aux violations par Israël de ses accords avec l’UE ». L’avis consultatif de la CIJ exige la fin de la déférence européenne.