Libertés académiques et démocratie : tout dire, mais pas n’importe quoi
Revue des droits de l’homme – N°26
Éric Fassin
https://doi.org/10.4000/12hrc
Revue des droits de l’homme – N°26
Éric Fassin
https://doi.org/10.4000/12hrc
J’ai vu le nord de Gaza pour la première fois depuis 15 mois : débris et poussière — c’est tout ce qui reste.
Alors que la Cour pénale internationale n’a, pour l’heure, pas retenu cette accusation contre Israël, trois professeurs de droit estiment que de nombreux éléments permettent d’étayer cette qualification.
Je les ai vus tués par des tirs de snipers et des drones. Pourquoi est-ce que les Travaillistes ne condamnent pas cela ? Pourquoi les armes continuent-elles à s’écouler en direction d’Israël ?
Omer Bartov, chercheur israélien spécialiste des génocides et de l’Holocauste parle du massacre du Hamas, de l’action drastique d’Israël qui a suivi et de la question de savoir si le conflit au Moyen-Orient pourrait s’apaiser.
Un ensemble d’informaticien·nes et de scientifiques appellent à l’arrêt des collaborations avec Israël. Ils et elles protestent « contre l’usage croissant de technologies issues de leur discipline à des fins meurtrières, usage tristement illustré par le recours systématique à l’intelligence artificielle pour la planification d’assassinats plus ou moins ciblés à Gaza ».
« Nous, scientifiques des universités et des centres de recherche français, affirmons avoir une responsabilité collective face à l’histoire. » 500 scientifiques et personnels des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, soutenus par une vingtaine d’organisations, interpellent leurs directions pour condamner les violations multiples du droit international commis par l’État d’Israël. Ils appellent les directions à suspendre toute collaboration ou événement scientifique avec les institutions israéliennes.
À la suite de l’arrestation du Dr Abu Safiya dans le nord de Gaza, sa femme décrit ses craintes sur le sort du directeur de l’hôpital et sur la tragédie de l’assassinat de leur fils
« Nous appelons les membres de l’administration, les enseignant-es et toutes autres personnes et personnalités à dénoncer cette honteuse répression et à rejoindre la mobilisation pour : la fin immédiate de la répression, l’arrêt du partenariat avec l’« université » Reichman, situation largement documentée et sourcée, et la création d’un comité éthique pour permettre d’étudier l’ensemble des partenariats. »
Même ceux doués de la plus vive imagination n’auraient pu envisager le tour que prendraient les enseignements de l’holocauste, commémoré aujourd’hui au niveau international. Jamais auparavant, Israël n’a été dans une position aussi affaiblie moralement pour représenter les survivants qui ont reconstruit leur vie ici après l’Holocauste. Jamais auparavant il n’a été aussi complètement en contradiction avec sa capacité à défendre les messages de l’Holocauste et à plaider pour ses enseignements universels.