Lettre adressée par le président de l’AURDIP au président du MUCEM
Stèle avec inscription en araméen décrivant un cadeau offert par Raji fils d’Amrû fils de S/S et Natnû fils de Bagrû à Gûmat roi des Nabatéens. Institut du Monde Arabe….
Stèle avec inscription en araméen décrivant un cadeau offert par Raji fils d’Amrû fils de S/S et Natnû fils de Bagrû à Gûmat roi des Nabatéens. Institut du Monde Arabe….
Depuis les premières invasions du Liban en 1982 jusqu’aux récents assauts sur les universités palestiniennes, le boycott académique s’est imposé comme une forme de résistance non‑violente face à l’occupation et à la militarisation de l’enseignement supérieur israélien. Soutenu par de nombreux intellectuels et universitaires, le mouvement dénonce les liens entre les universités, l’industrie de l’armement et les violations du droit international.
L’expérience de Gaza se poursuit, et elle entraîne le monde plus loin qu’aucun de nous ne l’aurait cru possible. Dans notre article, La nouvelle politique d’exclusion : Gaza comme prologue, publié il y a plus de deux ans, nous affirmions qu’Israël avait transformé Gaza en laboratoire humain où des conditions entièrement nouvelles étaient créées artificiellement.
Maintenant, nous savons. La finalité de l’expérience de Gaza est d’assurer, non plus la séparation ou la répudiation, mais l’élimination par le massacre génocidaire ou, par une forme d’euphémisme, une émigration “forcée” ou “volontaire” vers d’autres pays qui, dans l’ensemble, ne désirent pas accepter ceux qui sont chassés.
Ivar Ekeland et Sara Roy
Le mardi 5 mars, en ma qualité de président de l’AURDIP, j’ai été invité à Sciences-Po Paris par les organisations étudiantes Attac et Solidaires pour faire une conférence sur Gaza en compagnie de Rony Brauman et Rima Hassan.
A Sabra et Chatila les massacres avaient eu lieu clandestinement, et n’avaient été révélés que le 18, quand les journalistes ont pu pénétrer dans les camps après le départ des phalangistes, mais à Gaza ils déroulent au vu et au su de tous, ils sont retransmis en direct sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux, et documentés par les ONG et les journaux. Jamais massacres n’ont été aussi publics. Mais cette fois, l’indignation est bien loin.
Dans un texte publié dans l’Humanité, Ivar Ekeland, président de l’AURDIP, écrit « il est grand temps que les universités françaises expriment leur solidarité avec les universités palestiniennes, comme elles l’ont fait pour les universités ukrainiennes, et arrêtent toute coopération scientifique avec les universités israéliennes, comme elles l’ont fait pour les universités russes. Elles ont déjà été sollicitées en ce sens, et qu’elles ne l’aient pas fait laisse planer le soupçon qu’à leurs yeux les Palestiniens ne valent pas les Ukrainiens ».
Le professeur Ariel Porat de l’Université de Tel Aviv a récemment fait référence aux Amalécites dans un discours, évoquant un peuple antique de la Bible. Il a réactivé des malédictions bibliques du Deutéronome, comparant le Hamas à Amalek et leur promettant un sort similaire.
Une version légèrement modifiée de cet article a été publiée sur le site Orient XXI.