La plongée de Gaza dans la catastrophe teste la conscience européenne
Alors que Gaza souffre d’une horreur sans précédent, l’Europe ne peut rester plus longtemps inactive
Alors que Gaza souffre d’une horreur sans précédent, l’Europe ne peut rester plus longtemps inactive
Depuis quelques mois, les législateurs français s’emballent pour museler la liberté d’expression en voulant criminaliser toute critique de la politique israélienne et en particulier la lutte contre le génocide en cours à Gaza et ce en dépit du droit international (ordonnances, avis ou rapports). Le milieu universitaire est spécifiquement visé.
Le 30 avril 2025, l’Assemblée nationale examinera en commission des affaires culturelles, pour voter les 6 et 7 mai 2025, une proposition de loi relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. L’Union Juive pour la Paix, des juristes et des universitaires, réagissent par cette tribune.
L’impact grandissant de la malnutrition chez les enfants et les élèves de Gaza —entraînée par le blocus imposé par Israël et la politique délibérée de famine et de refus de l’aide humanitaire— est devenu un facteur clé qui dégrade les résultats scolaires. Les conditions humanitaires détériorées et l’insécurité alimentaire étendue ont conduit à une forte hausse des taux de malnutritions, nuisant au développement physique et cognitif des élèves et diminuant de manière significative leur capacité à se concentrer et à s’impliquer dans leurs études.
Malgré les preuves croissantes des crimes de l’armée basés sur le genre, les groupes israéliens de femmes ont largement ignoré ou même nié le nouveau rapport accablant des Nations Unies
Pour la première fois, je me sens poussée à parler publiquement, parce que notre entreprise renforce désormais la violence d’État dans le monde.
Stéphanie Latte Abdallah est historienne et anthropologue du politique, spécialiste de la Palestine. Alors qu’Israël a repris son offensive à Gaza, nous l’avons interrogée sur la notion de futuricide, qui tente de saisir les conséquences de cette guerre sur la relation de la population gazaouie à son territoire. (Renaud Duterme et Manouk Borzakian)
Pierre Nicodème, mathématicien-informaticien retraité au CNRS, rend la médaille d’honneur du CNRS, qu’il avait reçue en 2013, en réponse aux pressions du ministère de l’Enseignement supérieur sur l’IEP de Strasbourg pour maintenir le partenariat avec l’Université Reichman de Herzliya en Israël. Dans une lettre ouverte que nous publions, il exprime « dégoût et colère » à l’égard des choix politiques du ministère, mais c’est aussi pour lui l’occasion de livrer un témoignage personnel d’intellectuel engagé sur la façon dont la France, en l’espace d’une vingtaine d’années (depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007), a abandonné tout souci de justice et d’équilibre dans sa gestion du dossier palestinien.
Nous nous déclarons solidaires de nos collègues basés aux États-Unis— qu’ils soient citoyens des États-Unis, résidents permanents ou détenteurs de visas universitaires. Nous considérons que les invocations de l’administration américaine à l’antisémitisme sont des attaques malhonnêtes, à peine voilées, contre les musulmans, les Palestiniens, les pro-palestiniens et les étudiants internationaux, servant de prétexte à la violente suppression d’une parole protégée et à l’abolition de l’université comme espace de recherche libre. Nous reconnaissons aussi que la même rhétorique peut rapidement se retourner contre nous ou d’autres groupes si, et quand, cela sert les intérêts du gouvernement. Nous soutenons nos collègues fermement dans cette offensive dangereuse contre l’université.
En étendant leur offensive militaire aérienne, terrestre et maritime sur la bande de Gaza, les forces israéliennes déplacent de force la population et bloquent délibérément l’aide humanitaire, détruisant les conditions nécessaires à la vie sur place, alerte Médecins Sans Frontières (MSF).