L’AURDIP avait interpellé le 11 décembre 2025 la présidente de l’Académie des sciences pour lui demander de mettre fin au silence sélectif de l’Académie sur Gaza.
Le Comité de défense des scientifiques de l’Académie a publié son rapport d’activité 2025 en juin 2026. Ce rapport réussit un exploit : il démontre que l’Académie des sciences n’a strictement rien fait pour Gaza en 2025 (pas une ligne dans ce rapport sur la moindre action de l’Académie en faveur des scientifiques palestiniens tués, torturés ou emprisonnés, ou sur la destruction de toutes les universités de Gaza).

L’AURDIP avait interpellé le 11 décembre 2025 la présidente de l’Académie des sciences pour lui demander de mettre fin au silence sélectif de l’Académie sur Gaza (voir ici). Nous demandions en particulier que l’Académie exprime sa solidarité avec les scientifiques de Gaza et agisse en leur faveur, comme elle l’a fait pour les ukrainiens.
Nous avions comparé ici la position prise par l’Académie sur l’Ukraine quelques jours après son invasion, le 28 février 2022 avec celle prise deux ans et demi après le début du génocide à Gaza, le 12 février 2026. Cette comparaison se passait déjà de commentaire.
Le CODHOS (Comité de défense des scientifiques) de l’Académie a publié son rapport d’activité 2025 en juin 2026 (ici). Ce rapport réussit un exploit : il démontre que l’Académie des sciences n’a strictement rien fait pour Gaza en 2025 (pas une ligne dans ce rapport sur la moindre action de l’Académie en faveur des scientifiques palestiniens tués, torturés ou emprisonnés, ou sur la destruction de toutes les universités de Gaza).
Or, il entre bien dans la mission du CODHOS d’agir dans des situations telles que celle que vivent les scientifiques palestiniens. On lit en effet dans la présentation du CODHOS sur le site de l’Académie (ici ; nous surlignons les passages qui nous semblent importants) : « Les gouvernements se doivent de respecter les droits de l’homme fondamentaux de leurs citoyens… Si les gouvernements ne sont pas tenus pour responsables de leurs actions, rien ne les pousse à changer. .. Quand une accusation sérieusement étayée est portée contre un gouvernement responsable de tels abus, ce gouvernement se trouve généralement dans l’embarras. Mécontent, il cherche d’abord à réfuter ces allégations. Mais, en fin de compte, si les groupes de défense des droits de l’homme maintiennent une pression ferme, respectueuse et impartiale, les gouvernements en viennent parfois à céder. Pour des raisons évidentes, les écrivains, artistes et scientifiques constituent une excellente cible pour les abus en matière de droits de l’homme. C’est à eux qu’il revient de protester en premier. Tout particulièrement aux scientifiques car science et liberté sont, à bien des égards, inextricablement liées. Lorsqu’une institution scientifique officielle qui a de l’autorité et du prestige, comme une académie des sciences, exprime des inquiétudes sur le sort d’un collègue emprisonné pour délit d’opinion, il est souvent difficile au gouvernement ainsi interpellé de négliger purement et simplement un tel avertissement. »
Cette inaction déshonore l’Académie.
