Sans commentaire

Dès le 28 Février 2022, une semaine après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Académie des Sciences publiait un commuiqué. Il a fallu attendre le 12 Février 2026, deux ans et demi après le début du génocide à Gaza, pour que l’Académie des Sciences publie un communiqué sur Gaza. La comparaison est édifiante: nous publions côte à côte les deux communiqués. Si le lecteur veut aller plus loin, nous lui suggérons de demander à un moteur d’IA de réécrire le premier communiqué dans le style du second, et le second dans le style du premier.

Communiqué du Bureau de l’Académie des Sciences – Paris, le 28 Février 2022

L’Académie des sciences de l’Institut de France tient à exprimer publiquement sa profonde solidarité avec l’Académie nationale des sciences d’Ukraine et l’Académie junior des sciences d’Ukraine et, à travers elles, avec tous les scientifiques, la jeunesse et le peuple ukrainiens, devant les épreuves qu’ils traversent à la suite de l’invasion de leur pays par les forces armées de la Fédération de Russie. L’Académie des sciences veut également saluer la courageuse prise de position de nombreux membres de l’Académie des sciences de Russie, qui ont associé leur signature à celle de plusieurs centaines de chercheurs et de journalistes scientifiques de leur pays dans une lettre ouverte dénonçant l’agression de l’Ukraine par la Fédération de Russie et demandant son arrêt immédiat.

Le combat courageux du peuple Ukrainien montre que la négation de son existence par le Président Poutine n’était qu’une falsification de l’histoire destinée à justifier une agression brutale. Il nous montre aussi combien d’Ukrainiens sont prêts à payer de leur vie, leur attachement à la liberté. La coopération internationale, en matière scientifique comme dans bien d’autres domaines, exige le respect de la liberté, la liberté des peuples de choisir leur avenir et leur liberté de penser et de s’exprimer.

L’Académie des sciences œuvrera pour que l’accueil en Europe et en France des réfugiés ukrainiens, notamment scientifiques, soit digne de notre tradition.

Communiqué du Bureau de l’Académie des Sciences – Paris, le 12 Février 2026

La dévastation du territoire de Gaza et le sort de ses habitants ne peuvent que soulever révulsion et réprobation. Le démantèlement systématique des infrastructures condamne les Gazaouis à l’errance et tue tout espoir. L’Académie des sciences souligne que détruire les écoles, les centres de formation et les universités, tuer les enseignants sont des moyens puissants et hélas très efficaces d’interdire tout avenir à la population. L’éducation est essentielle à la formation d’êtres humains équilibrés, maîtres de leur destin et soucieux du bien-être des autres. Elle est absolument nécessaire à la paix.

À l’heure où la reconstruction du territoire de Gaza est envisagée, la construction d’écoles et d’universités, garantes de conditions permettant aux nouvelles générations de trouver leur place et de contribuer à la stabilité de la région, est un enjeu majeur. Celui-ci doit aller de pair avec le défi d’assurer le plus tôt possible la formation et le recrutement d’enseignants. Ces objectifs ne pourront pas être atteints sans mobilité des Gazaouis allant acquérir ailleurs les compétences nécessaires et des collaborateurs étrangers venant prêter main forte dans le territoire.

C’est dans ce cadre que l’Académie des sciences de France en appelle à l’implication d’autres académies nationales, afin que la reconstruction d’un espace d’enseignement et de recherche puisse se développer à l’abri de toute pression politique.