« Coopération complète » : Comment l’Université de Tel Aviv sert l’État sécuritaire d’Israël

Du recrutement du Shin Bet aux programmes d’entraînement militaire, les services israéliens s’infiltrent de plus en plus dans la vie universitaire.

Après que Hila Ben David eut cessé de chanter « Imagine », de John Lennon, le 16 juillet, lors de la cérémonie de remise des diplômes doctoraux de l’Université de Tel Aviv (TAU), la parole a été donnée au docteur Danny Gold, général de brigade (en réserve), chef de la direction Recherche et Développement du ministère de la Défense. Gold, ancien étudiant de TAU où il a obtenu tous ses diplômes, était revenu à son alma mater pour s’adresser aux nouveaux diplômés.

Au cours d’une conférence intitulée  Transformer la vision en sécurité, Gold a présenté sous le meilleur jour des systèmes d’armement israéliens ainsi que des vidéos sur des lanceurs de missiles, des interceptions de défense aérienne, et des frappes israéliennes contre des camions au cœur de Téhéran. Des diapos mettant en valeur Ies entreprises israéliennes de défense Elbit Systems et Rafael, ainsi que des firmes privées de plus petite taille comme SMART (“Létalité et précision pour les combattants ») et UNIQAI (“L’IA pour l’organisation des missions”) apparaissaient sur l’écran.

Environ sept minutes après le début de la présentation, la cérémonie a été interrompue par des cris confus, des applaudissements épars et des huées. Plusieurs diplômés et leurs proches ont quitté la salle, dont le docteur Jad Ka’dan, qui venait de recevoir son doctorat en études culturelles et comptait parmi les 17 étudiants palestiniens auxquels l’université avait décerné des doctorats cette année-là.

“Quand [l’université] fait venir le docteur Gold et que, subitement, vous voyez des vidéos de lancements de missile, des sirènes de raids aériens, et le bombardement de Téhéran, vous comprenez qu’ils vous traitent avec mépris — ils essaient de vous humilier », a-t-il dit à +972 Magazine et à Local Call.

Ka’dan, qui a obtenu une bourse d’études postdoctorales en Californie, a trouvé la célébration de l’industrie de défense israélienne particulièrement troublante. “[Dans le monde entier] les gens parlent de BDS, et vous nous montrez ce genre de vidéos ? J’ai honte de devoir dire que c’est ça qu’ils présentent ici”, a-t-il dit.

Les protestations ne sont pas venues uniquement d’étudiants palestiniens. Selon Ka’dan, quand la mère d’un de ses amis s’est approchée de la scène et s’est mise à crier “Quelle honte !” environ un quart du public s’est joint à elle. “La moitié des personnes dans cette salle souffrent de troubles de stress post-traumatique à cause de la guerre [avec l’Iran]”, a lancé Ka’dan, “et vous leur montrez des vidéos d’explosions ?”

“Vraiment, ça colle”, a-t-il ajouté. “On commence par ‘Imagine’ —il n’y a aucun pays, aucune cause pour laquelle tuer ou mourir — et là-dessus, arrive un officier de l’armée.”

Quelques instants après que Gold a terminé son exposé, la professeure Noga Kronfeld-Schor, rectrice de l’université, visiblement mal à l’aise, est montée en scène et s’est excusée si la conférence “avait blessé certaines personnes [au sein du public].”

Des membres du corps enseignant affiliés à Academia For Equality ont fait rapidement circuler une lettre soulignant que le problème ne se réduisait pas à un discours de remise des diplômes manquant de sensibilité. L’allocution s’était adressée, écrivaient-ils, à des “étudiants juifs et palestiniens dont les corps et les esprits [portaient] les cicatrices de la guerre apparemment sans fin qui dure depuis trois ans” et qui étaient venus “pour célébrer leurs résultats académiques, pas pour assister à un spectacle de propagande”. Cet évènement, estimaient-ils, constituait “une nouvelle étape de la militarisation croissante de notre université au long de ces dernières années”.

Quelques jours plus tard, l’administration a transmis des excuses plus détaillées aux membres anciens du corps professoral, reconnaissant que l’invitation de Gold avait été “une erreur” car la présentation avait bouleversé des membres du public, notamment des enfants, des familles endeuillées et des soldats traumatisés par la guerre. Mais elle rejetait catégoriquement la conclusion plus vaste d’Academia For Equality, selon laquelle l’université connaîtrait un processus de militarisation.

Dans leur réponse, le président de l’université Ariel Porat et la rectrice Noga Kronfeld-Schor considéraient cette allégation comme “un mensonge et une falsification — une véritable campagne de calomnie” qui renforçait l’argumentaire de “ceux qui cherchent à boycotter le monde académique israélien [en] le présentant comme un agent de l’armée”.

Pourtant, une enquête menée par +972 et Local Call remet en question les dénégations de l’administration. Des interviews et des documents révèlent une université qui a, ces dernières années, accordé sur le campus une place de plus en plus grande à l’appareil militaire et sécuritaire d’Israël — des partenariats avec l’armée aux efforts pour recruter des étudiants au Shin Bet, le service de renseignement intérieur d’Israël.

Chasser des têtes sur le campus

Environ un mois avant l’apparition controversée de Gold à la cérémonie de remise de diplômes, le Centre de développement des carrières de TAU a invité des étudiants des départements d’Histoire du Moyen-Orient et d’Afrique et d’Études arabes et islamiques à une rencontre « axée sur les carrières » avec un représentant du Shin Bet.

L’e-mail de juin, envoyé par le Conseiller en carrières des Humanités Sivan Tivoni et obtenu par +972 and Local Call, indiquait que le service de sécurité s’était adressé à l’université pour organiser un évènement destiné spécifiquement aux étudiants de ces deux départements.

“Dans le cadre de cet évènement”, indiquait l’invitation, “un ancien responsable du Shin Bet sera notre invité pour mener une séance inspirante et une discussion ouverte sur les opérations secrètes, les défis du renseignement et de la sécurité, et l’importance de la connaissance de la langue arabe et de la familiarité avec les mondes arabes et islamiques en vue d’une activité professionnelle pleine de sens.” Les étudiants entendraient aussi « des récits et des observations sur ces domaines (compte tenu des restrictions liées à la classification [de sécurité]), et ils participeraient à des discussions directes avec les invités.”

Selon Muhammad Masarwa, étudiant en master d’études arabes et islamiques et militant politique, l’invitation reflétait une tendance à examiner l’étude de l’arabe essentiellement sous l’angle de la sécurité. “C’est très triste de donner comme perspective à l’étude de l’islam et à la familiarité avec le monde arabe la nécessité de ‘connaître l’ennemi’, a-t-il dit. L’invitation, a-t-il ajouté, contient un message : “vous pouvez devenir un élément d’un système qui peut nuire à d’autres au moyen de votre connaissance de leur culture et de leur langue.”

Masarwa a dit n’avoir jamais reçu l’e-mail, pas plus qu’aucun des étudiants palestiniens qu’il connaissait dans les deux départements. Il n’a eu connaissance de l’évènement que lorsqu’un ami palestinien lui a fait suivre l’invitation, que des étudiants juifs avaient partagé avec cet ami. (TAU n’a pas répondu à la question de +972 et de Local Call demandant si l’invitation avait été envoyée exclusivement à des étudiants juifs.)

Au sein du département, a dit Masarwa, l’invitation n’a pas suscité beaucoup de discussions. Mais à son avis, la démarche n’était pas accidentelle. “Parmi les étudiants juifs — pas la totalité — il existe une aspiration indéniable à trouver du travail au Shin Bet, à rejoindre les services de sécurité » a-t-il dit. “[S’ils se lancent dans les études arabes], ce n’est pas par amour pour la langue et la culture.”

Les responsables du département qui se sont entretenus avec +972 and Local Call ont pris leurs distances avec cette initiative.

“Je dois admettre que je n’étais pas au courant”, a dit le docteur Avner Wishnitzer, président du département d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique. “Si je comprends bien, l’évènement a été organisé par le Centre de développement des carrières de l’université. Je ne savais pas que le secrétariat du département avait expédié l’invitation. Ce n’est pas passé par moi. Point essentiel : Nous n’avons aucun lien avec le Shin Bet, et nous n’organisons pas ce genre d’évènement.”

L’université a fourni une explication similaire. Les évènements de développement des carrières ont pour but de faire découvrir aux étudiants des opportunités d’emploi dans les secteurs publics, privés et sociaux, a dit le porte-parole Tomer Walner.

Les employeurs “dont les activités sont conformes à la loi sont invités à présenter aux étudiants des domaines de travail et des postes correspondant à leur formation”, a-t-il ajouté, soulignant que de tels évènements sont organisés par le centre et “ne constituent en aucun cas un élément du cursus académique.”

En fin de compte, l’évènement, prévu pour le 15 juin, n’a pas eu lieu parce que le nombre d’étudiants inscrits était trop faible, selon une source universitaire. Cependant, ces techniques de “chasse de têtes” – recrutement proactif de personnes ayant des compétences spécialisées — par les agences de sécurité d’Israël sur les campus des universités n’ont rien de nouveau.

En 2025, un rapport de l’organisation antimilitariste New Profile a documenté des années d’évènements de recrutement impliquant le Shin Bet et le Mossad dans des universités Israéliennes, notamment, en 2017, une « session sur les carrières avec le Shin Bet » accueillie par la faculté de Sciences sociales de TAU ainsi qu’un évènement au Technion intitulé “La technologie au service du Service général de sécurité [Shin Bet]”.

Plus récemment, en mai, le Centre de développement des carrières de TAU a invité les étudiants en sciences sociales et humanités à un évènement intitulé “Les carrières dans les organismes de sécurité » incluant des représentants du Mossad, du Shin Bet, du ministère de la Défense et du service pénitentiaire israélien. “Saviez-vous”, demandait l’invitation, “que les connaissances et les compétences que vous avez acquises en sciences sociales et humanités peuvent vous donner un véritable avantage en vue d’une carrière au cœur de l’appareil de sécurité d’Israël ?”

Ce qui distinguait l’invitation de juin, selon la docteure Outi Bat-El, linguiste de TAU et membre d’Academia for Equality, n’était pas que le Shin Bet vienne recruter sur le campus, mais qu’il recherche des étudiants dans des domaines particuliers. “L’invitation est inhabituelle parce qu’elle vise spécifiquement ces deux départements”, a souligné Bat-El. “Ce n’est pas une foire aux emplois où tout le monde peut venir et repartir comme il ou elle le souhaite. C’est ciblé.”

La promesse faite aux étudiants d’entendre “des récits et des observations » au sujet des opérations du Shin Bet, a-t-elle souligné, “ressemble à Disneyland. Il s’agit de recruter pour quelque chose de terrible. C’est une coopération complète entre l’université et le Shin Bet.”

L’histoire d’une symbiose

La relation entre les études arabes et du Moyen-Orient dans le monde universitaire israélien et les services sécuritaires du pays existe depuis les premiers jours de l’État et peut-être même antérieurement. À TAU, elle est devenue organique au milieu des années 1960, lorsque l’université a accepté d’intégrer un organisme de recherche du ministère de la Défense, l’Institut Shiloah — devenu par la suite le Centre Moshé Dayan— à son département d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Cette décision a soulevé quelques controverses. Dans un article récent de Haaretz, l’ancien président de TAU Itamar Rabinovich, qui dirigeait le Centre Dayan avant d’être à la tête du département d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique, se rappelait que l’Université hébraïque de Jérusalem avait rejeté une proposition du ministère de la Défense visant à ce qu’elle absorbe cet institut.

TAU a procédé différemment. À l’époque, l’institution encore au berceau essayait de recruter Shimon Shamir, un jeune universitaire qui serait plus tard à la tête du département et exercerait les fonctions d’ambassadeur d’Israël en Égypte et en Jordanie. Shamir a fixé comme condition à son entrée à l’université l’acceptation de l’Institut Shiloah.

La “symbiose” ainsi réalisée entre l’institut et le nouveau département, a écrit Rabinovich, “donnait à l’université de Tel Aviv un statut unique” parmi les universités israéliennes.

Le docteur Yonatan Mendel, chef du département d’études du Moyen-Orient à l’université Ben-Gourion — dont les recherches concernent la sécuritisation* des études arabes depuis le Yishouv juif en Palestine, antérieur à l’État, et par la suite — estimait lui aussi que cette relation était inaccoutumée. “Une connexion aussi directe et ouverte, reliant l’étude de l’arabe dans la sphère universitaire avec le Shin Bet et la sécurité nationale, est vraiment rare”, a-t-il dit à +972 et à Local Call.

Pourtant, a-t-il ajouté, “l’entrée des agences de renseignement et des préoccupations sécuritaires dans la sphère universitaire n’est assurément pas un phénomène nouveau. Ce sont des processus antérieurs à la fondation d’Israël qui se sont intensifiés dans les années 1960 et 1970.”

Dans les décennies qui ont suivi, a ajouté Mendel, de telles relations se déroulaient essentiellement sous le voile du secret. Depuis le 7 octobre, cependant, elles ont repris de la vigueur et sont devenues de plus en plus voyantes. “C’est peut-être parce que le soutien aux besoins en matière de sécurité est subitement inscrit à l’ordre du jour”, a-t-il suggéré.

Selon Mendel, son propre département de l’université Ben-Gourion n’a jamais reçu une sollicitation directe comparable. La culture institutionnelle peut expliquer partiellement la différence. Dans son article de Haaretz, Rabinovich décrivait le département d’études du Moyen-Orient à l’université Ben-Gourion comme “rebelle, s’opposant à l’esprit de l’institution.”

Dans son livre de 2024 “Towers of Ivory and Steel: How Israeli Universities Deny Freedom to Palestinians” (Des tours d’ivoire et d’acier : comment les universités israéliennes refusent la liberté aux Palestiniens), la chercheuse israélienne Maya Wind soutient que les universités israéliennes ont contribué depuis longtemps à produire un savoir qui perpétue la domination d’Israël sur les Palestiniens tout en se présentant elles-mêmes comme des services libéraux et démocratiques.

Dans un contexte de croissance des partenariats entre universités états-uniennes et israéliennes, Wind a dit à +972 en août 2025 que ces dernières « sont en fait profondément impliquées dans le colonialisme de peuplement israélien, et maintenant dans le génocide” — en particulier parce que des disciplines académiques entières “subordonnent leur production de connaissances aux besoins de l’État israélien.”

Pour Mendel, cette proximité historique entre la discipline d’Études du Moyen-Orient et les services de sécurité permet d’expliquer pourquoi ce domaine “tombe parfois dans le piège de l’Orientalisme” et pourquoi de nombreux citoyens palestiniens d’Israël ont eu du mal à le considérer comme leur appartenant réellement.

Il a cependant signalé une tendance qui contrebalance celle-ci : ces dernières années, des enseignants et des chercheurs dans différents lieux du monde universitaire israélien ont fait évoluer leurs disciplines dans des directions plus civiles et plus critiques. “C’est cette tendance que nous devons renforcer — une recherche indépendante et critique, aussi éloignée que possible d’une démarche centrée sur la sécurité.”

La militarisation en évidence

Cependant, au moment même où certains universitaires examinaient d’un œil critique les relations entre l’université et les services de sécurité, les liens institutionnels de TAU avec l’armée se sont renforcés ces dernières années de façon importante.

Dès octobre 2023, avant l’attaque du 7 octobre, l’université a lancé le programme « Erez » qui consiste à ce qu’environ 200 candidats à des postes d’officiers de combat obtiennent des licences en humanités et sciences sociales avant d’entamer une formation d’officier. Selon certaines informations, TAU devrait recevoir environ 15 millions de shekels (presque 5 millions de dollars) pour ce programme.

Bien que l’université ait promis initialement que les participants à ce programme ne porteraient pas d’armes sur le campus, des soldats armés en uniforme ont commencé à assister régulièrement à des cours après le déclenchement de la guerre. Leurs effectifs ont diminué depuis, mais selon des membres du corps enseignant ils restent une présence familière.

“Vous êtes sur le campus, et 50 soldats en uniforme, portant des armes, se déplacent d’un bâtiment à l’autre”, a dit Bat-El. “Je ne me sens pas à l’aise. Imaginez ce que ressentent des étudiants palestiniens.”

Les liens de l’université avec les services de sécurité s’étendent également au secteur technologique. Depuis 2018, TAU Ventures — un fonds de capital-risque financé par l’université — a géré « The Xcelerator » en commun avec le Shin Bet. Ce programme accorde à des start-up sélectionnées une subvention de 50000 $ versée par l’agence de sécurité ainsi que des espaces de bureau et un soutien aux entreprises, et met en avant, selon ses propres termes, une “opportunité exclusive de validation et de démonstrations de faisabilité auprès du Shabak [le Shin Bet].”

Pour sa dernière promotion, le programme a indiqué qu’il recherchait des technologies dans des domaines tels que l’IA et les données, la cybersécurité, les menaces liées aux drones ou aux UAV, les plateformes sans pilote, les capteurs et le renseignement sur internet, qui pourraient “avoir un impact sur le champ de bataille” et renforcer les “capacités de sécurité à long terme” d’Israël.

Dès le début de la prochaine année universitaire, TAU accueillera le prestigieux programme “Havatzalot”, qui forme des recrues de haut niveau de l’Intelligence Corps pendant la dernière étape de leurs études universitaires. Le programme s’est déroulé à l’Université hébraïque depuis 2019 malgré l’opposition d’étudiants et d’enseignants, qui affirmaient qu’il  correspondait à “l’expropriation de la sphère académique et à son transfert sous contrôle militaire”. Après que TAU eut remporté l’appel d’offre en vue de l’accueil du programme, l’Université hébraïque a présenté une requête judiciaire pour contester cette décision.

Un incident récent pourrait indiquer que les liens de TAU avec le système de la défense vont plus loin que les campagnes de recrutement et les programmes de formation. En mai 2025, l’administration de l’université ayant soupçonné un étudiant palestinien d’avoir tagué des slogans dénonçant la guerre d’Israël contre Gaza sur les stands du Shin Bet et d’Elbit à une foire aux carrières sur le campus, elle a fourni au Shin Bet ses données personnelles. Peu après, l’étudiant a reçu un appel d’un homme qui s’est présenté comme un agent du Shin Bet et lui a ordonné de se rendre dans un poste de police en vue d’une “conversation”.

Certes, ce processus a été interrompu rapidement après une intervention du spécialiste de la déontologie de l’université, mais l’incident a montré avec quelle facilité la coopération de l’université avec les services de sécurité pouvait déboucher sur la surveillance et l’intimidation des étudiants.

C’est dans ce contexte que l’administration a qualifié de “pure invention” l’affirmation selon laquelle TAU devenait une extension des services de sécurité d’Israël.

“Pendant de nombreuses années, le monde universitaire israélien a affronté diverses forces qui cherchent à le détruire et menacent sa liberté, en Israël et à l’étranger”, écrivaient les représentants de l’administration dans l’e-mail envoyé au corps enseignant après le discours de Gold lors de la cérémonie de remise des diplômes. “Il est désolant de voir des détracteurs sortir de nos rangs et utiliser une simple erreur – aussi regrettable soit-elle – pour formuler des jugements sans aucun fondement.”

+972 et Local Call ont demandé à TAU s’il maintenait des liens étroits avec le Shin Bet, comme l’indique l’e-mail envoyé par son Centre de développement des carrières, et s’il était conscient des accusations internationales selon lesquelles le monde universitaire israélien ferait partie de l’appareil sécuritaire israélien. L’université n’a pas souhaité répondre.

* N.d.T. Le concept de sécuritisation décrit la façon dont certains phénomènes considérés comme des enjeux de sécurité sont assimilés à des menaces justifiant l’élaboration de politiques sécuritaires