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“Comme des morts-vivants” – Les enfants de Gaza ont trop faim et leurs traumatismes sont trop forts pour pouvoir apprendre

Posted on janvier 9, 2026janvier 9, 2026 | SciTechDaily | Traduction SM pour l'AURDIP
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Les enfants de Gaza perdent non seulement leur école, mais aussi leur espoir, leur identité et leur foi en un avenir qui vaudrait la peine d’être atteint

Après plus de deux ans de combats, de nombreux enfants palestiniens de Gaza sont épuisés sur le plan physique, traumatisés sur le plan émotionnel, et incapables de participer à des activités quotidiennes comme étudier ou jouer, selon un nouveau rapport. Selon cette étude, certains enfants pensent maintenant qu’ils vont être tués parce qu’ils sont gazaouis. Menée par l’université de Cambridge, cette recherche présente la première évaluation détaillée de l’éducation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chercheurs, il existe un besoin urgent de financement international de l’éducation dans toute la Palestine, que le cessez-le-feu actuel à Gaza se poursuive ou non. À Gaza, le rapport estime que le conflit en cours a presque supprimé l’accès des enfants à l’éducation et, par conséquent, une source déterminante d’identité et de stabilité.

Une enfance perturbée par la faim et les traumatismes

Dans le sillage d’une étude similaire publiée en 2024, le rapport montre comment la guerre a remodelé presque tous les aspects de la vie des enfants de Gaza. Les écoles ont été détruites ou fermées, pendant que la violence, la faim et les traumatismes psychiques ont fait disparaître le sentiment d’une enfance normale.

Les enfants décrits dans cette étude sont dans un tel état de privation que certains s’effondrent, épuisés. Parfois, on leur dit de ne pas jouer pour conserver le peu d’énergie qu’ils ont. Avant le récent cessez-le-feu, de nombreux parents et enseignants affrontaient des décisions impossibles : fallait-il aider les enfants à survivre ou les laisser à l’école ? Certaines familles n’avaient pour vivre qu’un bol de lentilles par jour.

Perte d’espoir et de foi en l’avenir

Une des constatations les plus troublantes contenues dans le rapport est la dégradation de l’optimisme des jeunes et de la confiance qu’ils accordent aux institutions mondiales. Des témoins ont dit aux chercheurs que les enfants sont de plus en plus irritables et cessent de croire à des idées comme la paix et les droits humains. “Les élèves posent des questions sur la réalité de ces droits. Ils ont le sentiment qu’ils se font tuer rien que parce qu’ils sont gazaouis”, a dit un membre du personnel d’une organisation internationale.

La professeure Pauline Rose, directrice du centre REAL (Research for Equitable Access and Learning, Recherche pour un accès et un apprentissage équitable) au sein de l’université de Cambridge, a souligné la forte aggravation de la situation. “Il y a un an nous disions que l’éducation était attaquée – aujourd’hui les vies des enfants sont sur le point de voler en éclats”, a-t-elle déclaré.

Rose a ajouté ceci : alors que les Palestiniens ont témoigné pendant la guerre d’un engagement fort en faveur de l’éducation, le sentiment de désespoir qui s’accroît parmi les jeunes devrait alarmer la communauté internationale. “Nous devons agir davantage pour les soutenir. Nous ne pouvons pas attendre.”

Le risque d’une génération perdue

Cette étude a été menée par des chercheurs du centre REAL et du Centre for Lebanese Studies (Centre pour les études libanaises), en collaboration avec l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient). Elle se base sur des informations provenant d’agences de l’ONU, d’associations et d’ONG, et sur des entretiens avec des travailleurs de l’aide humanitaire, des responsables, des enseignants et des élèves.

Les auteurs avertissent du risque grave auquel Gaza est exposée, celui d’une génération « perdue » en raison des effets cumulés d’une éducation perturbée, de souffrances physiques et de traumatismes psychiques.

À la date du 1er octobre 2025, l’OCHA (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires) a annoncé que 18 069 étudiants et élèves et 780 enseignants avaient été tués à Gaza, le nombre de blessés s’élevant à 26 391 étudiants et élèves et 3211 enseignants. L’association Save the Children estime que pendant les combats, 15 enfants ont subi chaque jour des blessures qui les marquaient pour la vie.

Les enseignants interviewés en vue de cette étude ont décrit un désespoir général. Certains parents demandaient : “Pourquoi devrais-je me préoccuper de l’éducation de mes enfants si je sais qu’ils vont mourir de faim ?” Des groupes de discussion constataient que les enfants avaient « peur de tout », et un autre rapport mentionné dans l’étude indiquait que nombre d’entre eux se sentaient “comme des morts-vivants”.

Déjà des années d’apprentissage perdues

Les chercheurs estiment que les enfants de Gaza ont déjà manqué l’équivalent de cinq années entières d’éducation en raison de fermetures d’écoles répétées depuis 2020, d’abord à cause du COVID-19 puis à cause de la guerre. Bien que l’UNRWA et le ministère palestinien de l’Éducation aient mis en place des programmes d’enseignement temporaires et à distance, la violence constante, les bâtiments endommagés et la pénurie de ressources élémentaires ont fortement réduit leur efficacité.

Ces évaluations tiennent compte de l’impact supplémentaire des traumatismes et de la faim, en intégrant des recherches déjà menées qui montrent que ces deux facteurs ont un effet sur l’apprentissage. En octobre 2025, presque 13 000 enfants de Gaza avaient été traités pour malnutrition aigüe, et 147 d’entre eux en étaient morts.

Si les écoles restent fermées jusqu’en septembre 2027, les auteurs calculent que de nombreux adolescents pourraient avoir jusqu’à dix ans de retard par rapport au niveau d’éducation attendu.

La Cisjordanie et Jérusalem-Est sont aussi touchés

En dehors de Gaza, la situation est également grave. En Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, 891 élèves et 28 enseignants ont été tués ou blessés par des colons ou des soldats israéliens depuis octobre 2023, et des centaines ont été arrêtés, souvent pour des raisons que le Bureau des droits de l’homme des Nations unies décrit comme “arbitraires”. Dans ces zones, les écoles ont affronté des perturbations répétées et des fermetures temporaires ou permanentes. Là, on considère que les enfants ont perdu au moins 2 ans et demi d’enseignement.

Dans toute la Palestine, les enseignants décrivent leur profession comme profondément démoralisée et poussée jusqu’à son point de rupture. Un membre du personnel d’une organisation internationale a dit que les éducateurs “travaillaient jour et nuit” pour fournir une forme d’enseignement, quelle qu’elle soit, beaucoup d’entre eux n’ayant pas pris un jour de congé depuis deux ans.

Le coût d’une reconstruction de l’éducation

Le rapport estime que le coût d’un rétablissement de l’éducation dans toute la Palestine serait d’environ1,38 milliard de dollars US. Yusuf Sayed, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Cambridge, a souligné que les enseignants et les conseillers continuent à faire preuve de soumoud (résistance persévérante) et se consacraient toujours à la protection de l’identité palestinienne au moyen de l’éducation, mais il a souligné que les besoins sont extrêmes. Des milliers d’enseignants supplémentaires seront nécessaires pour remplacer ceux qui ont disparu et pour soutenir une récupération complète. Il est essentiel d’investir dans la formation d’éducateurs is pour reconstruire le système, a-t-il insisté.

L’économie de Gaza étant presque au point mort, on s’attend à ce que l’éducation ait recours à l’aide étrangère dans un avenir proche. Cependant, l’étude indique que la “lassitude des donateurs” va croissant. En 2025, l’OCHA demandait 230,3 millions de dollars US pour l’éducation, or, en juillet, elle n’en avait reçu que 5,7% soit environ 9 dollars US par enfant. On estime que la reconstruction complète exigera environ 1155 dollars US par personne.

La Dr Maha Shuayb, directrice du Centre pour les études libanaises, a souligné que l’éducation ne devait pas être reléguée au second plan. “L’éducation et les services destinés aux enfants ne doivent pas être remis à plus tard. Ce sont une source vitale de stabilité et d’un meilleur traitement”, a-t-elle expliqué.

Des signes d’espoir malgré la crise

Malgré ces sombres résultats, le rapport constate certaines évolutions encourageantes. Pendant le cessez-le-feu du début de 2025, les écoles s’étaient rapidement rouvertes, et les examens Tawjihi pour les diplômés du secondaire avaient repris. Un enseignant voyait ce retour des examens et des salles de classe comme “un miracle”.

  • Photo : L’enseignante palestinienne Israa Abu Mustafa donne ses cours dans une tente qu’elle a montée sur les décombres de sa maison et où elle a créé une salle de classe de fortune, dans le camp de Khan Younis, dans le sud de la Bande de Gaza [Fichier : Haitham Imad/EPA]
Posted in Tribunes

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