De nouvelles données horribles soulignent l’échelle de cette abomination
Imaginez qu’en Grande-Bretagne, un pays qui a une population d’environ 69 millions de personnes, une famille étendue ait été violemment tuée : les grands-pères, les grands-mères, les pères, les mères, les oncles, les tantes, les adolescents, les enfants et les nouveaux-nés.
Si cette famille étendue était tuée en Grande-Bretagne, ce serait considéré comme l’un des grands crimes de l’ère post-guerre. Cela s’étalerait sur la une de chaque journal ; cela ouvrirait chaque bulletin d’informations. Des politiciens prononceraient des discours pleins de chagrin. Les réseaux sociaux déborderaient de citoyens ordinaires partageant leur colère et leur horreur. Et cela arriverait dans les livres d’histoire, comme un crime dont des générations se souviendraient avec consternation.
Gaza avait une population d’environ 2, 2 millions d’habitants avant le génocide.
Selon une étude récente, Israël a effacé plus de 2700 familles palestiniennes de Gaza. La plus jeune victime était un bébé d’un jour. La plus âgée, un homme de 101 ans.
Chaque famille — leurs souvenirs propres, leurs histoires, leurs traditions, leurs secrets, leurs hauts et leurs bas, leurs célébrations, leurs tragédies.
Tout a disparu, effacé de la terre. Tous ces précieux moments partagés — le premier mot d’un. enfant, les célébrations familiales, les journées à la plage — tout a disparu, les familles effacées du registre civil de Gaza, sans personne pour se souvenir de leurs mémoires partagées, comme si elles n’avaient jamais existé.
Si, n’importe où ailleurs, et particulièrement sur un territoire contenant seulement un peu plus de 2 millions de personnes, 2700 familles étendues avaient été violemment exterminées en l’espace de 2 ans, il n’y aurait aucun débat, aucune discussion, aucune controverse pour se demander si cela constituait un génocide. Il serait même considéré scandaleux de le nier.
En plus des 2700 familles dont tous les membres ont été effacés, il y a 6000 familles supplémentaires dont il reste seulement un survivant. Imaginez ce que c’est que d’être cet unique survivant, le seul restant de votre lignée. Certains sont peut-être jeunes, capables d’avoir d’autres familles, de garder leur lignée vivante. D’autres seront plus vieux, sachant que quand ils seront partis, personne ne restera. Le dernier de leur clan, marchant sur la terre sachant que quand il ou elle meurt — peut-être bombardé ou abattu d’une balle ou mort d’une maladie qui aurait pu être guérie — sa lignée aussi sera effacée du registre civil de Gaza.
Le génocide d’Israël n’a pas cessé. Selon les chiffres, au moins 477 Palestiniens ont été tués depuis que le prétendu « cessez-le-feu » a commencé en octobre, et 1300 personnes de plus ont été blessées. Imaginez qu’un seul civil israélien ait été tué par le Hamas pendant cette période. Ce civil unique ferait la une de nos bulletins d’informations, s’étalerait sur celle de nos journaux, et il y a aurait des condamnations fougueuses de nos politiciens et de nos commentateurs, cela serait présente comme une preuve du mal unique qu’est le Hamas. Le cessez-le-feu serait déclaré terminé et Israël l’utiliserait comme une excuse pour plus de violence encore, même si, comme nous pouvons voir, ils n’ont guère besoin d’un prétexte.
Mercredi par exemple, l’armée israélienne a tué au moins 11 Palestiniens de Gaza, dont deux garçons de 13 ans, trois journalistes et une femme.
L’un des garçons a été tué aux côtés de son père et d’un autre homme de 22 ans. L’autre garçon, nommé Mo’tasem Al-Sharafi, a été tué alors qu’il ramassait du bois. Il y a des images de son père sanglotant sur son corps.
Et une fois encore, imaginez seulement qu’un civil israélien de 13 ans ait été tué par un militant palestinien. Imaginez l’indignation, le tollé, la couverture médiatique, les dénonciations. Mais j’imagine que pour la plupart d’entre vous, c’est la première fois que vous entendez parler de ce garçon palestinien et ce sera probablement la dernière.
Selon l’UNICEF, Israël a attaqué Gaza 92 jours pendant les 108 jours du « cessez-le-feu » entré en vigueur le 10 octobre. Des centaines de personnes tuées, dont plus d’une centaine sont des enfants palestiniens. C’est trois fois le nombre total des enfants israéliens tués le 7 octobre. Et pourtant il y a eu plus d’indignation sur la décapitation fictionnelle, non-existante, inventée, de bébés israéliens qu’il y en a sur un seul enfant palestiniens — ou sur des dizaines de milliers d’enfants palestiniens.
Alors que le massacre continue, il est évident que l’ambition des États-Unis et d’Israël est qu’aucun Palestinien ne reste à Gaza — et que celle de Donald Trump est d’y construire un lieu de villégiature pour oligarques, bronzant au-dessus des squelettes des enfants palestiniens.
Pour celles et ceux d’entre nous vivant dans les pays qui ont facilité cette abomination historique, nous avons la responsabilité d’élever la voix.
