Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce la poursuite par Israël du génocide à Gaza, par la privation d’eau systématique et délibérée imposée à ses habitants. Dans un rapport, MSF appelle les….
Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce la poursuite par Israël du génocide à Gaza, par la privation d’eau systématique et délibérée imposée à ses habitants. Dans un rapport, MSF appelle les autorités israéliennes à rétablir immédiatement un accès à l’eau suffisant pour les Palestiniens de Gaza. Les alliés d’Israël doivent user de leur influence pour que les entraves à l’aide humanitaire soient levées, notamment celles qui affectent les infrastructures hydrauliques.
Le rapport de MSF, intitulé « L’eau comme arme : la destruction et la privation d’eau et d’assainissement par Israël à Gaza », montre que l’instrumentalisation répétée de l’eau par les autorités israéliennes relève d’un schéma récurrent, systématique et cumulatif. Elle vient s’ajouter aux meurtres directs de civils, à la destruction des structures de santé et à la démolition des habitations, provoquant des déplacements massifs de population. Ensemble, ces éléments témoignent d’une volonté de rendre la vie littéralement impossible aux Palestiniens de Gaza.
« Les autorités israéliennes savent que sans eau, la vie s’arrête. Pourtant, elles ont systématiquement et délibérément détruit les infrastructures hydrauliques à Gaza, tout en bloquant de manière constante l’entrée des équipements liés à l’eau », déclare Claire San Filippo, responsable des urgences chez MSF.
« Des Palestiniens ont été blessés et tués alors qu’ils tentaient simplement d’accéder à l’eau », poursuit-elle. « Cette privation, combinée à des conditions de vie désastreuses, à une surpopulation extrême et à l’effondrement du système de santé, crée des conditions propices à la propagation des maladies. »
Des conséquences directes pour la santé
Les conséquences de cette privation d’accès à l’eau sont considérables pour la santé, l’hygiène et la dignité des populations, en particulier pour les femmes et les personnes en situation de handicap. L’accès à une hygiène de base — eau propre, savon, couches, produits d’hygiène menstruelle — est devenu extrêmement difficile. Faute de toilettes, les populations sont contraintes de creuser des trous dans le sable, qui débordent et contaminent l’environnement et les nappes phréatiques.
Le manque d’accès à l’eau et à l’hygiène, combiné à des conditions de vie indignes — tentes surpeuplées, abris de fortune — favorise la propagation de maladies, notamment les infections respiratoires, les maladies de peau et les maladies diarrhéiques. En 2025, les maladies de peau représentaient près de 18 % des consultations médicales générales de MSF. Entre mai et août 2025, près de 25 % des personnes déclaraient avoir souffert de troubles gastro-intestinaux au cours du mois précédent.
Une destruction quasi totale des infrastructures liées à l’eau
Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement à Gaza, notamment les usines de dessalement, les forages, les canalisations et les réseaux d’égouts. Les équipes de MSF ont documenté des tirs de l’armée israélienne sur des camions-citernes clairement identifiés, ainsi que la destruction de forages qui constituaient une source vitale pour des dizaines de milliers de personnes. Des incidents violents se produisent fréquemment lors des distributions d’eau, blessant des civils palestiniens et des travailleurs humanitaires, et endommageant les équipements.
« Mon petit-fils était à Nuseirat, en juillet [2025]. Il était allé chercher de l’eau potable », raconte Hanan, une Palestinienne de la ville de Gaza. « Il faisait la queue avec d’autres enfants, et ils l’ont tué. Il avait 10 ans… Aller chercher de l’eau ne devrait pas être dangereux. »
