Maternité sous les tirs – Rapport

Ce rapport précise le vécu des femmes enceintes et allaitantes dans le contexte du génocide en cours à Gaza.

Ce rapport précise le vécu des femmes enceintes et allaitantes dans le contexte du génocide en cours à Gaza. Il montre comment l’effondrement des services de santé, les déplacements forcés et la politique de famine ont gravement et durablement compromis la grossesse, l’accouchement et l’allaitement, privant les femmes de leur droit fondamental à protéger, prendre soin et élever leurs enfants en sécurité et dignement.

En février 2025, pendant le cessez-le-feu temporaire à Gaza, nous avons mené des interviews approfondies de 21 femmes enceintes et allaitantes qui avaient été déplacées au cours de la deuxième vague d’évacuations de l’Hôpital Nasser. Elles avaient trouvé abri dans le camp de personnes déplacées de Mesk et Layan à al-Mawasi, Gaza. Créé en 2024, ce camp a principalement accueilli femmes, enfants et familles.

Aujourd’hui, nous publions un rapport fondé sur leurs témoignages et qui documente les réalités de la grossesse, de la naissance et de l’allaitement dans des conditions insupportables. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, les conclusions du rapport sont devenues encore plus évidentes. Tandis que l’intensité des frappes aériennes a diminué, la souffrance des femmes enceintes et allaitantes est devenue encore plus évidente. Les déplacements constants, la grave pénurie de nourriture, le manque d’accès à des soins médicaux et l’érosion systématique de leur capacité de survie continuent de façonner leur vie et celle de leurs enfants.

« Nous étions constamment déplacées, ce qui rendait impossible le suivi de la grossesse. Nous n’avions aucun moyen pour suivre le développement, le pouls, ou l’état de santé général du fétus. Nous avions constamment peur que quelque chose nous arrive, à nous ou au fétus, surtout parce que nous étions depuis si longtemps loin d’un hôpital. » – Khuloud, mère d’un enfant, à Beit Lahia.

Les conclusions révèlent des dommages généralisés. Les 21 femmes interviewées avaient toutes subi des déplacements forcés avant d’atteindre le camp de Mesk et Layan. Quatorze avaient perdu leur logement dans des frappes aériennes et toutes étaient séparées des membres de leur famille. Beaucoup s’évertuaient à essayer de nourrir leurs enfants, souvent en sautant ou réduisant leurs propres repas pour que leurs enfants puissent avoir au moins un repas par jour. Treize femmes ont subi d’importantes difficultés à allaiter et au moins huit n’ont pu avoir un accès régulier à de l’acide folique et autres compléments essentiels indispensables pour la grossesse et l’allaitement.Les témoignages recueillis à Mesk et Layan sont la preuve que les souffrances subies par les femmes enceintes et allaitantes ne sont pas fortuites – elles sont le résultat direct de la destruction systématique de Gaza par Israël. Nous demandons un accès immédiat, sûr et inconditionnel à la nourriture, aux soins médicaux et aux fournitures humanitaires, ainsi qu’à la reconnaissance de responsabilité des politiques qui continuent de saper les conditions les plus élémentaires de vie et de survie humaine à Gaza.