Un des plus grands fonds de pension néerlandais annule ses investissements en Israël

Asa Winstanley | The Electronic Intifada | 10 janvier 2014 | PGGM, le second plus grand fonds de pension des Pays-Bas, annonce en première page de son site internet avoir….

Asa Winstanley | The Electronic Intifada | 10 janvier 2014 |

PGGM, le second plus grand fonds de pension des Pays-Bas, annonce en première page de son site internet avoir annulé plusieurs dizaines de milliers d’euros d’investissements de cinq banques israéliennes. Dans la déclaration aussi publiée sur son site, PGGM explique que cette décision fait suite aux pratiques de ces banques en Cisjordanie contraires à l’éthique et à la loi.

PGGM dit aussi dans cette déclaration, avoir dialogué pendant plusieurs années avec la Bank Hapoalim, la Bank Leumi, la First International Bank of Israel, l’Israel Discount Bank et la Mizrahi Tefahot Bank. Le fonds a essayé de les convaincre –mais en vain– de reconsidérer leur soutien financier aux colonies israéliennes de Cisjordanie qui sont « considérées comme illégales selon les règles du droit international humanitaire ».

« Etant donnés la réalité quotidienne, sur le terrain et le cadre juridique israélien dans lequel elles opèrent, les banques n’ont pratiquement pas la possibilité d’arrêter leur implication dans le financement des colonies en Territoire palestinien occupé » ajoute PGGM dans son communiqué. Ce cadre est celui de la loi israélienne de 2011 qui rend illégale toute forme de boycott, en faisant un délit théoriquement passible de fortes amendes.

PGGM est un géant qui gère les retraites de 2 millions et demi de personnes et annonce un actif de plus de 153 milliards d’euros.

Encore plus d’actions BDS en vue

Ce dernier désinvestissement renforce encore plus le mouvement BDS (Boycott, désinvestissements, sanctions). Celui-ci a atteint un tel stade qu’Ayelet Shaked, députée et ancienne présidente du Foyer juif a déclaré que le mouvement BDS était « la plus grande menace à laquelle le pays devait faire face« . Par ailleurs Tzipi Livni, ministre de la Justice (et suspecte de crimes de guerre) a admis que celui-ci est « en mouvement, avançant uniformément et exponentiellement ».

Justement, à ce sujet, dans la conclusion du communiqué, PGGM déclare que le fonds « continue son dialogue avec un petit nombre d’autres sociétés sur cette même question ».

Les banques israéliennes ont été les cibles du mouvement BDS depuis quelques temps. Dans « La complicité des sociétés dans l’occupation israélienne » Mirav Amir (de Who Profits) montre qu’ « il y a des preuves solides de l’implication de la plupart des grandes banques commerciales israéliennes » dans une longue liste de services financiers fournis aux colonies. Ceux-ci incluent des « prêts spéciaux » proposés dans l’intention explicite d’encourager l’appropriation israélienne de terres palestiniennes en Cisjordanie.

Mirav Amir explique par exemple que « la plupart des banques israéliennes » ont ouvert des succursales dans des colonies. C’est un autre exemple qui montre comment Israël a effacé la ligne verte (les frontières de cessez-le feu de 1949), gouvernant ainsi de facto la totalité de la Palestine historique comme un Etat unique – un Etat d’apartheid où la moitié de la population n’a aucune voix au chapitre.

En novembre dernier, après une campagne BDS soutenue, le fonds de pension américain TIAA-CREF s’est ainsi séparé de ses actions de la société Véolia pour une valeur de plus de 1,2 millions de dollars (875 000 euros); Véolia fournissant les infrastructures et services de transport à des colonies illégales. De la même façon, en juin 2012, la Norvège a exclu Shikun & Binui, la plus grande société immobilière d’Israël de son fonds de pension gouvernemental à cause de son activité dans les colonies.

Asa Winstanley est un journaliste d’investigation qui vit à Londres. Il est rédacteur associé à The Electronic Intifada et se rend régulièrement en Palestine depuis 2004.

Traduction : Michel (UJFP) pour BDS-France