Plus de 150 anciens diplomates, ministres et ambassadeurs accusent le ministre français des Affaires étrangères de diffuser de la désinformation

Dans un communiqué et une lettre ouverte, ce collectif international d’« anciens ministres, ambassadeurs, diplomates, parlementaires et hautes personnalités publiques de renom », parmi lesquels Yannis Varoufakis, Rony Brauman ou encore Daniel Lévy, vise directement le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot. Le reproche est précis : le ministre a relayé « une version numériquement falsifiée » de propos attribués à la Rapporteuse spéciale des Nations unies, Mme Francesca Albanese.

Au cœur de la polémique, une formule : Albanese aurait qualifié Israël d’« ennemi commun de l’humanité ». Or, cette phrase n’apparaît pas dans l’intégralité de son intervention du 7 février, où elle évoque un ennemi commun » sans désigner explicitement l’État israélien.

Pour eux, il ne s’agit pas d’un simple malentendu ou d’une imprécision. Ils parlent « d’informations inexactes ou manipulées » et rappellent qu’un ministre engage la parole de l’État à chaque déclaration. « Une atteinte grave à la responsabilité inhérente à l’exercice d’une fonction publique », écrivent-ils. En clair : quand la parole officielle se brouille, la confiance s’effrite.

Et ils élargissent encore le cadre. Ce n’est pas seulement l’image d’un ministre qui est en cause, disent-ils, mais « l’intégrité même du système multilatéral ». Autrement-dit, la parole onusienne elle-même. 

Enfin, le collectif appelle à ne pas perdre de vue l’essentiel : « Cette controverse, insistent-ils, ne saurait détourner l’attention des massacres de civils, ni de la crise humanitaire et des violations massives des droits humains qui sévissent à Gaza ».