Il y a deux ans, Hind Rajab a été assassinée par l’armée israélienne.

La mère de Hind Rajab, Wesam Hamada, a délivré un message puissant à l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat de sa fille, tandis qu’un portrait de Hind de 100 m² était dévoilé à Barcelone : Libérez les enfants de Gaza.

Hier, plus d’un millier de personnes se sont tenues sur le sable à Barcelone en brandissant son image. Ce geste n’était pas seulement pour Hind, mais pour chaque enfant de Gaza dont la vie a été arrachée dans ce génocide.

Sa mère, Wesam Hamada, a parlé avec une clarté et une force qu’aucun parent ne devrait jamais être contraint de rassembler.

Hind représente une vie,
et aussi les milliers qui n’ont jamais eu la chance de grandir.

Nous avons brandi son image pour refuser l’effacement.
Nous nous sommes rassemblés pour refuser le silence.
Nous nous sommes souvenus, parce que la mémoire est le commencement de la responsabilité.

Elle n’est pas oubliée.
Et eux non plus.

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Il y a deux ans, le 29 janvier 2024, Hind Rajab, fillette de cinq ans, a été assassinée avec sa famille dans un acte brutal de violence génocidaire perpétré par l’armée israélienne.

Hind a survécu à l’attaque initiale mais s’est retrouvée piégée dans les décombres, parmi les cadavres des membres de sa famille. Ses appels à l’aide, saisis lors d’un appel en direct aux services d’urgence, ont été diffusés dans le monde entier.

En ce jour effroyable, il a un an, Hind, et ses quatre cousin.e.s, sa tante et son oncle tentèrent de quitter le quartier Tel al-Hawa de Gaza City car les forces israéliennes étaient en train de l’envahir.

Alors qu’ils essayaient de fuir dans leur Kia Picanto, une unité de l’IDF commença à tirer sur leur voiture. La cousine de Hind, Layan Hamada, âgée de quinze ans, appela le numéro d’urgence de la Société du Croissant Rouge palestinien (PRCS) disant qu’elles étaient prises pour cible, qu’un char se rapprochait, et que tous les passagers de la voiture, sauf Hind et elle-même avaient été tués.

Quelques secondes plus tard, des tirs résonnèrent à nouveau, et les cris de Layan s’arrêtèrent brutalement. Hind était maintenant la seule en vie, gravement blessée, et seule, prise au piège dans la voiture.

La PRCS a gardé le contact avec Hind, pendant qu’ils essayaient d’obtenir l’autorisation de l’IDF d’envoyer des secouristes sur place pour la sauver.

Une enquête de Forensic Architecture a constaté plus tard qu’au total 335 balles ont été tirées sur la voiture et que les tireurs du char avaient une vue dégagée des deux enfants qui se trouvaient dans la voiture.

L’enquête a aussi établi que le char de l’IDF se trouvait entre 13 et 23 mètres seulement de la voiture de la famille de Hind. En seulement 6 secondes, 64 coups de feu ont été tirés sur la cousine de Hind, Layan âgée de quinze ans, pendant qu’elle était déjà en communication avec la PRCS.

Vers 18h, les secouristes de PRCS Yusuf al-Zeino et Ahmed al-Madhoun ont quitté l’hôpital Al-Ahli dans une ambulance pour aller secourir Hind. Après leur arrivée à l’endroit où se trouvait la voiture, on n’a plus jamais eu de leurs nouvelles. Le dernier élément enregistré de l’appel entre les deux secouristes et l’équipe de communication de la PRCS fut une explosion.

  • Salle de contrôle : Est-ce que vous voyez la voiture ?
  • L’ambulance : Je ne vois rien du tout.
  • Salle de contrôle : Vous avez activé votre sirène et votre gyrophare ?
  • L’ambulance : Juste le gyrophare, pas la sirène.
  • Ambulance : … oh la voilà !
  • [explosion]

Deux semaines après l’attaque, quand l’IDF a finalement évacué les lieux, les corps en décomposition de Hind, Layan et les membres de leur famille ont été découverts. A quelques mètres de la voiture l’ambulance calcinée a été retrouvée ainsi que les restes des deux secouristes Yusuf et Ahmed.

Extrait d’un article de Chronique de Palestine

  • Photo : Un portrait géant de Hind Rajab, une fillette palestinienne de cinq ans tuée par l’armée israélienne à Gaza en 2024, est déployé sur la plage de la Barcelone à l’occasion du deuxième anniversaire de sa mort, le 29 janvier 2026. (crédit photo : REUTERS / NACHO DOCE)