Le grand historien palestinien Walid Khalidi, né à Jérusalem en 1925, est mort le 8 mars aux Etats-Unis. Il a longtemps enseigné à l’université américaine de Beyrouth, ainsi qu’à Oxford et Harvard, et longtemps été aussi le secrétaire général de l’Institut des études palestiniennes. Il est notamment l’auteur de « Nakba, 1947-1948 » et de « 1948, la première guerre israélo-arabe », traduits chez Sindbad/ Actes Sud.


Le premier est un recueil d’articles échelonnés sur près de trente ans et qui constituent la contribution palestinienne la plus précoce et la plus rigoureuse à l’historiographie de la Nakba. Depuis ses premiers articles, « Pourquoi les Palestiniens sont-ils partis ? » et « La chute de Haïfa », qui datent de 1959, jusqu’à sa réponse cinglante à l’historien israélien Benny Morris, en 1993, Khalidi a bien montré que la première guerre de Palestine a été déclenchée par les forces armées sionistes peu après le vote par l’ONU du plan de partage, en novembre 1947, et qu’elle avait deux objectifs, clairement précisés dans les plans C et D de la Haganah : occuper le territoire imparti aux Palestiniens par le plan de partage et forcer ses habitants à partir. Les plans cités sont intégralement reproduits dans le livre en supplément à une analyse détaillée du plan D (Dalet). L’autre apport décisif de Khalidi concerne le camp arabe, dont il souligne les divisions, les préoccupations contradictoires et l’incapacité tragique à se mettre en ordre de bataille.
Le second livre retrace brièvement, mais avec cartes et documents inédits à l’appui, l’histoire de la guerre qui a suivi la création de l’État d’Israël, le 15 mai 1948, et qui s’est terminée par une cuisante défaite des armées arabes. L’auteur y réfute les deux récits mythiques de cette guerre, admis par chacun des camps comme la pure vérité historique.
