Une logique tordue : Israël punit le Jihad islamique pour « ne pas avoir réagi » à l’arrestation de son dirigeant


« Le moment et la manière dans lesquels cette opération israélienne s’est déroulée sont étranges », a déclaré à Middle East Eye l’analyste israélien chevronné Meron Rapoport.

« Il s’agit sans aucun doute de l’un des évènements les plus étranges », dit-il.

« Israël arrête un membre important du Jihad islamique en Cisjordanie, et le groupe ne réagit pas » continue Rapoport, faisant référence à l’arrestation de Bassam al-Saadi en début de semaine, dans la ville de Jénine en Cisjordanie occupée.

Mais ensuite, « Israël met sous couvre-feu des dizaines d’habitants des zones voisines à Gaza au motif que le Jihad islamique est en train de préparer une riposte, puis il tue des membres importants du groupe à Gaza, ainsi que des civils, parce qu’ils préparent une attaque contre Israël ».

L’analyste note qu’Israël a puni le groupe du Jihad islamique essentiellement pour ne pas avoir attaqué en représailles après l’arrestation de Saadi, étant donné que le groupe n’a lancé des roquettes qu’après qu’Israël ait lancé des frappes aériennes sur Gaza.

Le ministre de la Défense israélien, Benny Gantz, a déclaré ce soir « qu’ils ne pouvaient pas menacer Israël ». « Alors, après cette action qui venait ostensiblement pour empêcher les tirs sur Israël, le Jihad islamique a fini par tirer (des roquettes) sur Israël, et des centaines de milliers de personnes dans le sud d’Israël sont entrées dans des salles ou des abris protégés » dit-il.

« La vérité, c’est qu’après avoir prétendument essayé d’empêcher les attaques du Jihad islamique, Israël reçoit maintenant des roquettes qui, apparemment, n’auraient pas été lancées si Israël n’avait pas attaqué en premier ».

Suite aux frappes aériennes israéliennes qui ont tué au moins 10 Palestiniens, dont le haut commandant du Jihad islamique Taiseer al-Jabari, le groupe a déclaré qu’il avait tiré 100 roquettes d’abord en tant que première réaction, dans la soirée de vendredi.

« Alors, qu’est-ce qui se cache derrière cette logique tordue ? demande Rapoport.

« Une possibilité, c’est que le (Premier ministre Yair) Lapide veuille établir sa position en tant que Premier ministre ‘fort’, à moins de trois mois des élections générales à venir, alors que le bloc (d’opposition) Benjamin Netanyahu se renforce dans les sondages ».