Palestine. Khalida Jarrar, une résistante libre

| Pierre Barbancey pour L’Humanité |

L’occupant israélien n’aime pas les résistants et encore moins les résistantes. Surtout quand celles-ci sont des dirigeantes politiques reconnues et membres du Conseil législatif palestinien, le parlement. C’est le cas de Khalida Jarrar, enfin libérée dimanche et dont la vie entière reste un combat. Contre la colonisation et l’occupation israélienne, mais également, dans sa propre société, pour un État palestinien démocratique et laïque, où les femmes auraient toute leur place, à l’égal des hommes. Elle est devenue l’une des principales dirigeantes du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Un engagement qui, malgré son immunité parlementaire, lui a valu des années d’emprisonnement, à l’instar de nombreux députés palestiniens comme Ahmed Saadat ou Marwan Barghouti. Pour ne parler que de la dernière période, elle avait été incarcérée pendant quatorze mois en 2015 et 2016 puis de nouveau arrêtée en juillet 2017 et placée en détention administrative (pour six mois renouvelables sans motif et sans que le dossier lui ait été communiqué). Finalement libérée, elle avait été appréhendée de nouveau le 31 octobre 2019, puis condamnée à deux ans de prison et 1 200 dollars d’amende (1 024 euros), coupable d’être responsable du FPLP.

Au mois de juillet dernier, alors qu’elle était encore emprisonnée, Khalida Jarrar a eu la douleur d’apprendre le décès de sa fille, Suha, d’un arrêt cardiaque. Les autorités israéliennes ont refusé de la laisser participer à ses funérailles. Ce dimanche, le premier geste de Khalida Jarrar en sortant de prison a été de se recueillir sur sa tombe.