Lettre de BDS-France au directeur du Cinéma des Cinéastes concernant le festival du film israélien

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BDS-France | 15/03/2011 |

Arnaud Boufassa

Directeur du Cinéma des Cinéastes

7, Avenue de Clichy, 75017 Paris

Objet : Festival du film israélien du 23 au 29 mars 2011

Paris, le 11 mars 2011


Le 11ème festival du film israélien aura lieu cette année du 23 au 29 mars 2011 au Cinéma des Cinéastes à Paris. Au programme, outre les longs-métrages et documentaires qui n’ont pas encore été distribués en France, financés pour toute ou partie par l’Etat israélien, seront projetés des courts-métrage de l’école Bezalel, académie des arts et du design de Jérusalem. Cette école d’art qui a fait son entrée dans le projet sioniste dès 1905, visait à créer un art juif original, et est cofinancée par le gouvernement israélien depuis 1952, ce même gouvernement qui a ordonné les tirs sur Gaza lors de l’opération plomb durci en 2009, ce même gouvernement qui mène une politique d’apartheid quotidienne envers la population arabe d’Israël, continue à coloniser les terres palestinienne et refuse toujours le retour de centaines de milliers de réfugiés palestiniens dans leurs maisons.

"Le cinéma israélien prouve à chaque fois que la culture est la meilleure ambassadrice de l’Etat" disait récemment Limor Livnat, ministre de la culture et des sports israélienne. Cette même ministre qui s’exprimait aussi l’an dernier lors de l’ouverture du 10ème festival du film israélien. Comment le Cinéma des Cinéastes qui se dit être une formidable tribune artistique au service du combat économique, politique mais avant tout culturel peut-il accueillir un tel festival ?

Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid, les Palestiniens
appellent à cesser toute collaboration avec des institutions gouvernementales
israéliennes dans le domaine culturel, jusqu’au moment où l’État d’Israël respectera le droit international, c’est-à-dire jusqu’à : la fin de la colonisation, de l’occupation, du blocus de Gaza et le démantèlement du Mur ; la fin de l’apartheid pour les palestiniens de 48 (dits « Arabes israéliens ») ; le droit au retour pour tous les réfugiés.

Par refus de servir de caution morale aux violations du droit international par
Israël, Jean-Luc Godard, Meg Ryan ou Mike Leigh ont ainsi récemment annulé leur
voyage dans ce pays. De nombreux cinéastes, dont le britannique Ken Loach ou le
canadien John Greyson, ont également renoncé à participer à des évènements financés par le gouvernement israélien, à Édimbourg ou à Toronto. En octobre 2009, ce sont 9 réalisateurs palestiniens et israéliens, dont Eyal Sivan, qui ont refusé de se rendre au Forum des Images de Paris pour un festival dédié à Tel Aviv.

C’est donc dans un esprit de solidarité internationale, citoyenne et non-violente que nous, membres de la campagne française de Boycott, Désinvestissement et
Sanctions (BDS), vous adressons cette lettre ouverte de protestation. Nous sommes également des cinéphiles, et ne nous ne comprenons pas comment vous pouvez à ce point banaliser les crimes commis contre le peuple palestinien.

La Société Civile des Auteurs , Réalisateurs, Producteurs qui exploite depuis le début le Cinéma des Cinéastes ne peut pas ignorer comme il est difficile, voir impossible d’écrire, de réaliser et de produire des films aujourd’hui en territoires palestiniens, à Gaza, comme en Cisjordanie à cause de l’occupation et du blocus israéliens.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

La Campagne BDS France

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