L’ICAHD soutient la campagne BDS

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Comité israélien contre les démolitions de maisons | 17 janvier 2010 |

Le Comité israélien contre les démolitions de maisons (ICAHD) a été la première organisation israélienne à approuver une campagne de boycott, de désinvestissements et de sanctions (BDS) et à formuler une déclaration appelant la communauté internationale à l’appliquer. En effet, ICAHD a lancé son appel en janvier 2005. Au cours des quinze dernières années, ICAHD a joué un rôle clé dans l’expansion de la campagne BDS, travaillant avec des organisations du monde entier à identifier des cibles efficaces. Cette nouvelle déclaration, actualisée, réaffirme le soutien de l’ICAHD à BDS en tant qu’instrument pour la libération palestinienne et inscrit son appel dans le cadre de celui de la Société civile palestinienne unie de 2005.

Après plus de quatre décennies d’efforts diplomatiques et populaires pour persuader Israël à mettre fin à son occupation, pendant lesquelles on a vu celle-ci continuer à se renforcer et à se pérenniser, ICAHD publie cette déclaration en soutien à la campagne de BDS basée sur les principes fondamentaux de l’appel de la société civile palestinienne :

- fin de l’occupation et de la colonisation israéliennes de toutes les terres arabes et démantèlement du mur ;

- reconnaissance des droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une totale égalité ;

- et, respect, protection et promotion des droits des réfugiés palestiniens à retrouver leurs foyers et leurs biens comme stipulé dans la résolution 194 des Nations unies.

Une telle formulation répond aux questions fondamentales prioritaires du conflit entre les Israéliens et les Palestiniens ; elle vise la politique d’Israël d’occupation et sa discrimination structurée contre ses citoyens arabo-palestiniens, et non Israël en tant que tel. Sans spécifier de solution particulière au conflit, une campagne BDS sera appliquée tant qu’Israël ne sera pas devenu un Etat véritablement démocratique pour tous ses citoyens, vivant en paix à côté d’un Etat palestinien, ou dans un Etat unique, binational ou unitaire, regroupant les deux peuples.

Sachant que les sanctions sont des moyens puissants, non violents pour résister à l’oppression, ICAHD soutient les actions suivantes :

- arrêt des achats à Israël d’armes, de produits et de services relatifs à la sécurité par les gouvernements, les autorités régionales et les grandes entreprises, tout en plaçant les ventes ou transferts d’armes à Israël, sous la condition que leur usage ne perpétue pas l’occupation et ne viole pas les droits humains et le droit humanitaire international ;

- désinvestissement des entreprises qui font des profits en participant à l’occupation ou qui aident à la perpétuer ;

- boycott des produits des colonies, incluant l’abrogation des « Accords d’association » entre Israël et l’Union européenne en raison des violations par Israël qui commercialise les produits des colonies en tant que produits « fabriqués en Israël » et en raison des dispositions relatives aux droits humains dans les Accords ;

- boycott des institutions universitaires israéliennes, lesquelles n’ont pas répondu à leur responsabilité de faire respecter les libertés universitaires de leurs homologues palestiniens. Notre appel pour un boycott universitaire des universités israéliennes vise les institutions, en s’opposant par exemple à la tenue de conférences universitaires internationales en Israël ou au financement d’expériences communes en matière de recherche. ICAHD n’appelle pas au boycott des universitaires et des chercheurs en tant personnes en aucune manière ;

- et, tenir les personnes, que ce soient des décideurs politiques, des militaires exécutant des ordres ou d’autres, personnellement responsables des violations des droits humains, notamment par des procès devant les tribunaux internationaux et des interdictions de voyager en d’autres pays.

ICADH appelle la communauté internationale - les Nations unies, les gouvernements, les partis politiques, les organisations pour les droits humains et politiques, les syndicats, les communautés universitaires et les organisations confessionnelles, de même que les particuliers concernés - à faire tout ce qui est possible pour qu’Israël soit tenu responsable de sa politique d’occupation et à agir pour assurer l’égalité des droits et la sécurité pour les deux peuples, palestinien et israélien. Nous appelons aussi l’Autorité palestinienne et les organisations politiques palestiniennes à respecter les conventions relatives aux droits humains et à soutenir les efforts communs de nos sociétés civiles pour parvenir à la fin de ce conflit tragique et à ouvrir la voie à une paix juste pour tous les peuples de la région. Cet appel est d’une urgence extrême.