Harvard Hors de la Palestine Occupée manifeste pour le désinvestissement à Harvard Yard

| Audrey M. Apollon et Leah J. Teichholtz pour The Harvard Crimson | Traduction J.Ch. pour l’AURDIP |

Harvard Hors de la Palestine Occupée (HOOP) a tenu un rassemblement lundi après-midi sur le terrain du Yard pour demander à Harvard de désinvestir ses avoirs dans les sociétés censément ‘complices’ de violations des droits de l’homme contre les Palestiniens.

Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Palestine libre », « Plus aucun argent pour les crimes d’Israël » et « Pas de paix sur une terre volée » tout en défilant de la Statue de John Harvard à la Bibliothèque Widener avant de s’arrêter au Hall Massachusetts.

Devant le Massachusetts Hall, les organisateurs de HOOP et d’autres associations militantes, dont la Coalition des Études Ethniques et la Campagne de Désinvestissement des Prisons de Harvard, ont prononcé des discours face à une foule d’environ 60 manifestants et spectateurs et on remis une lettre dans le bâtiment, au bureau du Président de l’Université Lawrence S. Bacow.

HOOP est une association d’étudiants militants fondée l’année dernière et qui appelle l’université à divulguer et à céder tous ses avoirs directs et indirects dans les sociétés liées à la présence d’Israël en Palestine.

Les organisatrices de HOOP, Malaika K. Tapper, 23 ans – rédactrice du Crimson Magazine – et Nadine S. Bahour, 22 ans, ont lu à la foule un extrait de la lettre que HOOP a remise à Bacow faisant référence à sa décision du mois de septembre de désinvestir sa dotation des combustibles fossiles. Dans la lettre, les organisateurs réclamaient que l’Université soit « cohérente à la fois moralement et logiquement » en désinvestissant sa dotation des entreprises affiliées aux colonies israéliennes.

« Depuis trop longtemps, l’État colonial de peuplement israélien a occupé, soumis et opprimé les Palestiniens sur leur propre terre, leur déniant leurs droits fondamentaux, et l’Université de Harvard a depuis trop longtemps malencontreusement profité de cette injustice », avance la lettre.

Les organisateurs ont spécifiquement critiqué les investissements de la dotation de Harvard dans des entreprises, dont Mororola qui a fourni à certaines colonies israéliennes des « clôtures virtuelles » qui détectent les mouvements de personnes ; G4S, entreprise de sécurité qui a fourni des équipements à l’armée israélienne ; et Caterpillar Inc. qui a fabriqué les bulldozers qui ont servi à détruire les maisons des Palestiniens.

« La dotation de notre université est liée à la dépossession continue du peuple palestinien au nom du colonialisme de peuplement », a dit Bahour.

Hiren K. Lemma, 24 ans, membre de la Coalition des Études Ethniques qui participait à la manifestation, a dit qu’elle pensait que les étudiants de Harvard devraient s’allier aux campagnes de désinvestissement du campus.

« C’est de notre seule responsabilité et le moins que nous puissions faire en tant que non-palestiniens, en tant qu’alliés, comme tous ceux qui sont ici pour la cause, c’est de nous tenir à leurs côtés dans le danger et la sécurité », a dit Lemma.

La manifestation a fait face à une perturbation. Alors que les manifestants se rassemblaient devant le Massachusetts Hall, un groupe de spectateurs a lancé une bouteille remplie d’eau dans la foule et ils ont alors été chassés par les manifestants jusque dans la proche station MBTA, bien que personne n’ait été blessé.

L’organisateur de HOOP, Christian B. Talash de 21-22 ans, a supposé que la perturbation avait été causée par des gens opposés aux raisons de la manifestation.

« Ce n’est qu’un exemple très évident du genre d’hostilité qu’affrontent oralement les gens qui soutiennent les droits des Palestiniens – c’est la simple réalité », a dit Tabash.

Le porte-parole de l’université, Jason A. Newton, a refusé de faire des commentaires sur le rassemblement ou sur les critiques de HOOP à propos des investissements de Harvard. Le porte-parole du Département de Police de l’Université de Harvard, Steven G. Catalano, a écrit dans un courriel que la perturbation n’avait pas été rapportée au département.

Dans une interview à la suite du rassemblement, Tabash a dit que l’association continuera à faire pression sur Harvard pour qu’elle désinvestisse.

« Nous continuerons à faire du bruit, nous continuerons à perturber les choses et le statu quo, qui est injuste », a dit Tabash. « Après la pandémie, nous ne faisons maintenant que relancer la machine, et donc quantité de projets et d’organisations sont encore en chantier. »