Deux passants tués, une ‘fabrique de bombes’ douteuse : les preuves jettent un doute sur le rapport israélien du raid sur Naplouse

| Amira Hass pour Haaretz | Traduction J.Ch. pour l’AURDIP |

Trois semaines se sont écoulées depuis l’incursion de l’armée et de la police israéliennes dans la Vieille Ville de Naplouse qui a laissé cinq morts palestiniens. Les preuves rassemblées par Haaretz témoignent d’une grave brèche du protocole par les forces israéliennes qui ont laissé deux Palestiniens tués, les forces de l’AP attaquées et une dite ‘maison sécurisée’, qui était en fait bien connue.


Ali Antar, célibataire de 26 ans, aimait conduire des motos et exerçait la profession de coiffeur. Hamdi Sharaf, 36 ans, père de deux enfants, était lui aussi coiffeur. Aucun des deux n’était armé ni en lien avec la Fosse aux Lions, mais ils ont néanmoins été tués par les forces israéliennes à deux différents endroits de la ville de Naplouse en Cisjordanie. Leur faute, c’est d’avoir été dans la rue pendant la nuit du 24 au 25 octobre où une force combinée de l’armée, de la police et du Shin Bet a envahi Naplouse et encerclé sa Vieille Ville.

Le porte-parole des FDI a fait plus tard une déclaration désignant sa cible principale, un homme de 31 ans, Wadi al-Hawwah, qui a été tué dans l’opération.

Certains médias israéliens ont rapporté qu’en plus d’al-Hawwah, quatre autres Palestiniens ont été tués dans ‘les échanges de tirs’. Mais d’après des témoins visuels, ni Antar ni Sharaf n’ont été pris dans un tir croisé, mais ils ont été abattus par des snipers israéliens.

Presque quatre semaines se sont écoulées depuis, mais une incursion armée comme celle-là laisse une impression profonde sur les Palestiniens et elle mérite donc un rapport, même si tardif.

Le rapport conjoint des FDI et de la police, avec des fuites ‘non attribuées’, fait peu après l’incursion, a été accepté en Israël comme la description d’un narrateur omniscient. Dans la compétition avec des rapports si immédiats, rapides et sommaires, les FDI sont toujours gagnants, et quiconque veut une description plus complète est désavantagé : Ils ne peuvent rien faire d’autre que récolter les déclarations de témoins visuels et poser des questions. Nous allons commencer par ça.

‘Maison sécurisée’

D’après le porte-parole des FDI, les forces israéliennes ont trouvé al-Hawwah dans ce que l’on a décrit comme une ‘maison sécurisée’. L’appartement dans lequel il se tenait appartient à la famille al-Hawwah et est situé hors de la cour (‘Hosh’ en arabe) de maisons en voûtes de pierre vieille de plus d’un siècle. Tout le monde savait que l’appartement appartenait à la famille et certains savaient qu’il avait été récemment rénové dans l’espoir que Wadi se marierait bientôt. L’étage sous l’appartement appartient à la famille Atout et sert de diwan, pièce pour les réunions familiales.

Après enquête, le porte-parole des FDI a renvoyé Haaretz à son homologue de la police qui n’a pas expliqué pourquoi ils ont appelé l’appartement ‘maison sécurisée’. En réponse, ils ont dit que « les opérateurs du Yamam [contre-terrorisme] associés aux FDI et au Shin Bet, plus les forces de la Police des Frontières, ont agi pour éliminer une infrastructure de terrorisme violent à Naplouse. Les forces de sécurité ont totalement coordonné l’opération et ont donc tiré sur un homme armé qui représentait un danger pour nos forces ».

Fabrique de bombes

Le porte-parole des FDI a dit que la « maison sécurisée » était utilisée pour la fabrication de bombes, que « nos forces ont fait sauter ». L’appartement, comme on l’a vu le 30 octobre, montrait des signes clairs d’une attaque venue de l’extérieur par plusieurs roquettes Matador, comme cela a été rapporté : meubles et fenêtres brisés, charnières en métal et en fer arrachées, télévision et écrans d’ordinateur abîmés et fondus, capitonnage déchiré, traces de tirs sur les murs, restes de drones et disques d’ordinateurs éparpillés.

Mais si des explosifs avaient été déclenchés, les dommages auraient alors vraisemblablement été bien pires, sinon pour les murs épais de la maison, en tout cas pour l’appartement lui-même. Pourtant, aucun signe de feu dû au déclenchement de matériel explosif à l’intérieur de l’appartement n’était évident. Dans le Hosh lui-même, le complexe adjacent de maisons en pierres où se trouve l’appartement, il n’y avait aucun signe de dégâts qui signaleraient une charge explosive.

Y avait-il peut-être un autre appartement qui aurait servi de « fabrique de matériel explosif » qui aurait sauté et dont le reporter n’avait pas connaissance ? La question a été posée au porte-parole, mais il n’a pas répondu.

Entrée des soldats

D’après plusieurs organes de presse israéliens – mais pas selon la déclaration du porte-parole des FDI – l’infanterie israélienne est entrée dans la « maison sécurisée » et a déclenché le matériel explosif trouvé dans la ‘fabrique de bombes’. D’après les résidents palestiniens du voisinage, les soldats et l’unité Yamam de la Police des Frontières ne sont jamais entrés dans l’appartement. Le porte-parole de la police n’a ni confirmé ni infirmé la présence dans l’appartement des soldats ou des officiers de police du Yamam.

Un autre appartement

D’après les voisins, l’infanterie a fait une descente dans un deuxième appartement dans la Vieille Ville, rue Nasser, au nord de l’appartement de la famille al-Hawwah. Un voisin a dit que l’appartement n’était pas habité. C’était une annexe récente et moins solide à une structure en pierre plus ancienne. Néanmoins, il n’y a aucun signe évident d’explosion, et il est donc improbable que la « fabrique d’explosifs » ait été non plus située là. Les voisins avaient l’impression que l’armée et la police y avaient installé leur quartier général. Le porte-parole de la police n’a pas répondu aux questions.

Des tirs contre la police palestinienne

D’après les médias israéliens, les FDI ont signalé leur incursion aux forces de sécurité palestiniennes « au démarrage de l’opération » – afin qu’elles se retirent vers leur quartier général. Mais ce signalement n’était pas nécessaire puisque les forces spéciales israéliennes avaient déjà fait connaître leur présence en blessant par balles le personnel palestinien de sécurité stationné place des Martyrs. Au moins cinq Palestiniens ont été blessés sur la place – deux d’entre eux membres des forces palestiniennes de sécurité et deux du renseignement de l’armée, ainsi qu’un homme qui essayait de venir à leur secours.

Tirer sur du personnel de sécurité palestinien stationné dans des lieux coordonnés connus des FDI, c’est violer les termes des arrangements de sécurité conjoints entre les deux côtés. Les FDI, la police et le Shin Bet ont-ils décidé à l’avance de mettre en danger la vie du personnel palestinien de sécurité (et certaines des règles de base sur l’information des Palestiniens avant de pénétrer en Zone A) ? Ou les troupes qui ont tiré sur eux n’étaient-elles pas informées des règles ou ne savaient pas que les Palestiniens se tenaient à leurs postes habituels ? Le bureau du porte-parole de la police a refusé de répondre.

Cinq emplacements

Les forces israéliennes sont restées quatre heures à Naplouse, laissant derrière elles cinq morts et trente blessés à cinq emplacements différents, avec des témoins visuels à chaque endroit. Certains d’entre eux avaient des descriptions précises, alors que d’autres y mêlaient des descriptions faites par d’autres ou complétaient ce qu’ils avaient oublié avec des estimations et des interprétations.

Voilà le tableau qui ressort de leurs récits :

Avant minuit, les forces israéliennes – unités d’infiltration de la police et peut-être aussi des soldats – s’étaient postées sur les toits de deux bâtiments – les bâtiments Al-Rif et Beyrouth sur la « Montagne Nord » (sur le Mont Ebal) qui domine la ville. A., l’un des locataires, qui était rentré chez lui cinq minutes avant minuit, a dit à Haaretz que, lorsqu’il a garé sa voiture, « ils ont [pointé] sur moi un [fusil] à laser et ont lancé un drone dans ma direction. J’ai pensé que ce devait être des soldats, mais je ne savais toujours pas où ils étaient ».

Le drone a plané entre le bâtiment et la Vieille Ville, a raconté A. Lui et les autres locataires de l’immeuble ont alors seulement réalisé que les soldats étaient sur le toit de leur immeuble et sur celui d’à côté quand la police ou les soldats avaient tiré en direction de la Vieille Ville et des rues environnantes.

Il a estimé que la distance qui séparait son bâtiment de la Vieille Ville était d’environ un kilomètre et demi. Ailleurs à Naplouse, des gens parlaient de plusieurs autres bâtiments où étaient positionnées des unités d’infiltration d’où ils ont commencé à tirer plus tard. L’un d’eux était un grand centre commercial place des Martyrs. Plusieurs entreprises dans les bâtiments autour de la place des Martyrs, dont plusieurs boutiques et restaurants, étaient encore ouvertes malgré l’heure tardive. H. faisait partie d’un groupe de jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans qui bavardaient, fumaient des narguilés, prenant une collation tardive en soirée, ou nettoyant avant la prochaine journée de travail.

Sur la place, plusieurs membres du personnel de sécurité palestinien se tenaient sous les palmiers comme ils le font régulièrement, jour et nuit à leurs postes. Quand personne n’est là, les habitants de Naplouse présument que l’armée israélienne a prévenu les forces de sécurité qu’une incursion est prévue et qu’ils peuvent retourner à leur quartier général.

« Il était environ minuit et demi ce matin là, ou minuit et quart », a dit H. à Haaretz. « Nous avons tout d’abord entendu une grosse explosion, puis nous avons entendu une série de tirs. J’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre et j’ai vu un officier de sécurité palestinien tirer en l’air. Ils ne visaient rien de particulier parce qu’ils ne savaient pas d’où venaient les tirs. »

H. a réalisé que plusieurs personnes avaient été touchées par les tirs israéliens, l’un d’eux s’abritant dans une boutique où se trouvait H., puis il a aidé l’homme à monter dans une ambulance qui avait réussi à atteindre la zone. H. estime que les soldats ou la police israélienne tiraient depuis le centre commercial de la ville.

F. est bénévole dans l’une des équipes de secours médical, et son frère était l’un des quatre membres du personnel de sécurité palestinienne blessés cette nuit là. F. a parlé avec Haaretz au sujet du récit des événements fait par son frère qui a dit qu’un véhicule civil s’était arrêté à côté des officiers palestiniens pour les avertir que les « forces spéciales » israéliennes étaient dans la zone.

« Le conducteur n’a pas eu la possibilité de terminer sa phrase avant qu’ils commencent à tirer », a dit F. « Les officiers de sécurité palestiniens ont tiré en l’air – à ce moment là, ils ne savaient pas d’où provenaient les tirs. Puis ils ont filé. » Il a dit que les tirs provenaient à la fois du centre commercial et des positions de fortune installées sur les bâtiments sur la Montagne Nord.

La première grosse explosion que F. et son équipe médicale ont entendue venait du quartier de Ras al-Ain au sud de la Vieille Ville. On comprit plus tard que la déflagration venait d’une voiture qui appartenait à Hamdi Qayyim, qui a été identifié plus tard comme étant supporter du Hamas et membre de la Fosse aux Lions. On a aussi raconté que les ambulanciers avaient récupéré plus tard son corps carbonisé dans la voiture.

Était-il en route vers le centre de la Vieille Ville ? Une bombe qu’il transportait dans le véhicule s’est-elle déclenchée toute seule ou à cause des balles tirées sur sa voiture ? Ce n’est pas clair. A peu près au même moment, on a entendu des explosions au centre de la Vieille Ville. Certains résidents ont dit que la première explosion qu’on a entendue n’était pas celle de la voiture de Qayyim mais celle du missile qui a frappé l’appartement où se tenait al-Hawwah. Les habitants des quartiers éloignés ont été réveillés par l’explosion et celles qui ont suivi. Alors que les tirs augmentaient, les sirènes des ambulances se sont multipliées, et les gens ont commencé à partager des informations et des rumeurs alors que la peur s’intensifiait.

« Pendant ces quatre heures, nous n’avons pas pu dormir. J’ai eu l’impression que nous étions en pleine guerre, et nous étions terrifiés. C’était comme si nous étions de retour à l’époque de la deuxième intifada », a dit à Haaretz un résident du quartier ouest de la Vieille Ville. Et par dessus tout ça, une partie de la ville a subi une panne de courant.

A minuit quarante, des quantités de véhicules de l’armée et de la police ont commencé à se déverser librement par quatre entrées de Naplouse – Tel, al-Tur, Huwara et Asira al-Shamliya. Les jeunes et les audacieux ont répondu aux appels de la Fosse aux Lions à venir dans la Vieille Ville et à faire obstacle à l’incursion en jetant des pierres et des pneus en feu. Ce rapporteur ne sait pas combien d’entre eux ont été blessés par les tirs des FDI, et combien parmi les blessés qui sont arrivés à l’hôpital étaient armés et engagés dans les échanges de tirs avec les forces israéliennes.

Aucun endroit sûr

Quatre jours après les funérailles collectives des cinq morts, la famille d’al-Hawwah a commencé à parler avec les médias. Ils ont dit qu’ils avaient commencé à parler avec les amis de Wadi qui étaient avec lui dans l’appartement cette nuit là et qu’en se fondant sur leurs récits, ils pouvaient reconstituer le raid qui l’a tué. Tout n’est pas clair dans ces récits de seconde main.

Ce qui en ressort cependant, ainsi que d’autres récits, c’est qu’il n’y a pas eu de tentative d’arrestation d’al-Hawwah et de ses amis. Les forces israéliennes sont venues avec l’intention de tuer.

D’après ses amis, plusieurs drones de surveillance ont été lancés dans l’appartement par la fenêtre au nord, les prenant par surprise. Les membres de la famille ont dit qu’on leur avait raconté qu’al-Hawwah avait tiré sur les drones.

Au même moment, des projectiles Matador ont été tirés dans l’appartement depuis le Sud, tandis qu’un drone, ou quelques uns, émettait du gaz lacrymogène. Le personnel médical palestinien a dit qu’al-Hawwwah a été tué par cinq balles qui l’ont atteint à la poitrine et apparemment tirées d’une position extérieure à l’appartement. L’un des amis d’al-Hawwah, Mishal Baghdadi, a été gravement blessé et est mort sur le chemin de l’hôpital. F., qui était arrivé avec son équipe médicale sur une place près de la mosquée Nasser, a dit qu’il avait entendu le bruit de six puissantes explosions.

F. a dit que les Israéliens avaient tiré sur son ambulance au moment où il cherchait à atteindre plusieurs des blessés. « Le chauffeur et moi avons été obligés de quitter l’ambulance et de nous cacher afin d’éviter d’être blessés », a-t-il dit. D’autres équipes médicales ont dit elles aussi avoir été attaquées par balles par les forces israéliennes, les obligeant à faire des détours et à arriver en retard sur les lieux. La police n’a pas répondu à cette accusation.

Hamdi Sharaf, le coiffeur de 36 ans, était dans la maison de ses beaux-parents avec sa femme et ses deux enfants. Quand les rumeurs leur sont parvenues que « l’armée était dans la ville », Sharaf et un autre membre de la famille ont voulu découvrir ce qui se passait. Mais d’autres membres de la famille les ont convaincus du contraire. Ils ont entendu alors une explosion et ont insisté pour sortir et apprendre ce qui se passait. Ils ont patrouillé un peu, ont quitté la Vieille Ville, n’ont vu aucun homme armé ni découvert d’Israéliens, et ont décidé de rentrer à la maison.

Ils ont tous les deux été abattus près de la maison des beaux-parents. Ils n’étaient pas armés, il n’y avait aucun échange de tirs dans la zone. D’après les récits arrivés à Haaretz, les coups ont été tirés avec des silencieux. Peu après 1 H. du matin, le ministère palestinien de la Santé a déclaré que Sharaf était mort.

A minuit, le coiffeur Ali Antar était encore assis avec des amis au Café Z’abub dans le quartier de Bassalin (jardins) hors de la Vieille Ville, juste quelques pâtés de maisons à l’ouest de la place des Martyrs. Dans la soirée, quand le café est plein, les clients sortent souvent leurs chaises sur le trottoir en face d’un magasin de vêtements fermé pour la journée. Antar était là avec ses amis quand a résonné la première explosion. Tout le onde s’est dispersé. Antar, comme on peut le voir sur la vidéo de la caméra de sécurité du café, a réglé son chèque avant de partir.

Trois jours après l’incursion, son meilleur ami R. a dit à Haaretz ce qui s’est ensuite passé : « Je vis à quelques centaines de mères du café, rue al-Fatimiyyeh [qui s’étend à l’ouest de la Vieille Ville]. Après avoir entendu l’explosion, nous avons décidé que les amis qui vivent dans des quartiers plus éloignés viennent chez moi », a-t-il dit.

R. est monté dans la voiture d’un ami tandis qu’Antar montait sur sa moto, prenant un ami avec lui. « Nous nous sommes arrêtés devant la maison et soudain, nous avons entendu des tirs », a-t-il raconté. « Nous ne savions pas si cela venait de l’armée ou de l’Autorité Palestinienne. Mon ami et moi nous sommes mis à l’abri derrière la voiture, à genoux, tandis que les tirs continuaient. Je me suis dit, l’AP ne peut pas vouloir nous tuer. » « A ce moment là, je ne savais pas qu’il s’agissait de l’armée. Soudain, quelque chose a frappé l’arrière de la voiture. Nous ne savions pas ce que c’était. Nous avons fui vers l’appartement de mes parents sans regarder en arrière.

J’ai vu la mort. J’ai rampé, monté les escaliers à quatre pattes, pris de tremblements. J’ai eu une dépression nerveuse, et le lendemain des funérailles, je me suis aussi retrouvé à l’hôpital », a dit R., qui a ajouté que son ami, qui conduisait la voiture cette nuit là, a subi un traumatisme encore plus grand. Il ne peut plus parler. Il est maintenant clair que ce qui a heurté la voiture, c’était la moto d’Antar. L’ami qui était avec lui a été blessé, mais a réussi à se mettre ensuite à l’abri.

‘Quelqu’un de l’autre côté de la route a vu Ali gisant sur l’asphalte. Ali a commencé à se relever, et on lui a retiré dessus. Ce gars essayait de traverser la route pour sauver Ali, mais les Israéliens ont tiré sur lui. Ils tiraient sur tout ce qui bougeait. Tout ce que nous voulions, c’était trouver un endroit sûr. Mais aucun endroit n’était sûr.’