Sur une vidéo filmée à Gaza, on voit un manifestant abattu dans le dos pendant qu’il s’éloigne de la frontière avec Israël

| Jack Khoury et Yaniv Kubovich pour Haaretz |Traduction SM pour l’AURDIP |Actualités

Selon le comité d’organisation de la marche, le Palestinien filmé dans cette vidéo est Abed el-Fatah Abed e-Nabi, 18 ans, mort à la suite de ces coups de feu ■ Les FDI assurent que le Hamas diffuse de nombreuses vidéos dont certaines sont partielles et falsifiées

Un Palestinien qui participait vendredi (30 mars) à la « Marche du retour » près de la frontière de la bande de Gaza a été abattu alors qu’il tournait le dos aux soldats israéliens et s’éloignait de la barrière frontalière, d’après ce que montre une vidéo publiée samedi par les médias palestiniens.

Selon le comité d’organisation de la marche, ce Palestinien est Abed el-Fatah Abed e-Nabi, 18 ans, et il a succombé à ces tirs, survenus à l’est de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza.

On voit dans la vidéo deux Palestiniens qui s’éloignent de la frontière en courant vers un groupe nombreux de manifestants. Alors qu’ils sont encore à quelques mètres de ce groupe, on entend un coup de feu, et l’un des Palestiniens, qui serait Abed e-Nabi, tombe au sol. Un petit groupe se rassemble autour de lui pour lui porter secours. Selon le comité d’organisation de la marche, la vidéo « montre clairement que Abed e-Nabi ne représente aucune menace. »

Le porte-parole des Forces de défense d’Israël (FDI) a publié une réponse affirmant que le Hamas diffuse de nombreuses vidéos dont certaines présentent de façon partielle des événements qui ont fait l’objet de montage et de falsification.

« Les FDI ont réagi vendredi à des manifestations violentes et à des actions terroristes comportant des tirs à balles réelles contre leurs soldats, des tentatives de s’infiltrer en Israël... des jets de pierre et de bouteilles incendiaires », indique le communiqué. « L’armée a agi dans le respect des protocoles d’ouverture du feu et de façon raisonnable, puisqu’elle a évité de nuire aux civils placés sur les lieux par le Hamas, qui souhaite mettre Israël en difficulté en exposant ces civils au danger... quiconque participe à des manifestations violentes se met en danger. »

Abed e-Nabi rejoint le décompte de 15 Palestiniens tués lors des manifestations de vendredi (30 mars), au cours desquelles 758 personnes ont été blessées par des tirs de balles réelles, 148 par des balles enveloppées de caoutchouc, 422 par l’inhalation de gaz lacrymogène et 88 par d’autres causes.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni vendredi soir pour examiner les évènements survenus à la frontière de la bande de Gaza, bien que les États-Unis et Israël aient demandé que ces débats soient remis à samedi, en raison de la célébration de la veille de la Pâque. Aucun représentant d’Israël n’a assisté à ces discussions.

Dans un communiqué publié samedi, l’ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon, s’est exprimé en ces termes : « Cette façon choquante de bafouer une fête sacrée ne nous empêchera pas de faire connaître la vérité sur les manifestations violentes du Hamas, dont le seul but est de déchaîner les passions dans le secteur et de déclencher des provocations. »

Samedi, une organisation arabe israélienne de défense des droits humains a dénoncé comme « illicites » les actions menées par Israël à la frontière de la bande de Gaza, avertissant le Procureur général Avichay Mendelblit qu’Israël violait le droit international.

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