Salah Hamouri menacé de trois mois de prison supplémentaires

| Pierre Barbancey pour L’Humanité |Actualités

En détention administrative depuis le mois d’août, l’avocat franco-palestinien devrait sortir le 30 juin. Mais les sbires de Netanyahou s’acharnent.

La « justice » israélienne vient d’annoncer que l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri restera en prison jusqu’au 30 juin et n’exclut pas de renouveler pour trois mois l’ordre de détention administrative sous prétexte que de nouveaux éléments secrets se sont ajoutés au dossier tout aussi secret. Israël montre ainsi qu’il entend agir sur tous les fronts pour faire taire toutes les voix remettant en cause l’occupation des territoires palestiniens et la colonisation. À Gaza, l’armée israélienne massacre. En Cisjordanie, elle tue et emprisonne. Si la décision de prolonger la détention de Salah Hamouri était avérée, cela montrerait, une fois de plus, que le président de la République, Emmanuel Macron, qui serait intervenu auprès de Benyamin Netanyahou à la fin de l’année dernière, a réellement peu d’influence. Rappelons que le Franco-Palestinien est détenu depuis le 23 août dernier et que sa détention administrative a déjà été renouvelée une fois.

Tel-Aviv se sent donc intouchable et au-dessus des lois. La France devrait donc changer de ton et d’attitude. L’ambassadrice d’Israël auprès de la Belgique et du Luxembourg a ainsi été convoquée par les deux ministères des Affaires étrangères, qui ont dénoncé la répression « disproportionnée » à Gaza mais également les propos de la diplomate israélienne affirmant, en direct, sur la Radio-télévision belge (RTBF) que les 55 morts palestiniens (c’était le chiffre annoncé à ce moment) étaient tous des « terroristes », ne se démontant absolument pas lorsque le journaliste lui faisait remarquer que parmi les 55 il y avait des enfants et même un bébé. Tous terroristes ?

On attend toujours que Jean-Yves Le Drian convoque l’ambassadrice d’Israël en France pour lui exprimer vertement le sentiment qui envahit la France face à ces images terribles de manifestants pacifiques qui tombent comme des mouches sous les balles des snipers de l’armée.

Le premier ministre, Édouard Philippe, vient d’annoncer qu’il ne se rendrait pas en Israël le 31 mai et le 1er juin. Il devait notamment inaugurer, à Jérusalem de surcroît, la saison croisée France-Israël au côté de son homologue israélien, Benyamin Netanyahou ! Pourtant, si l’on en croit le communiqué officiel de Matignon, cette annulation n’est pas liée aux tueries de Gaza, ni à l’emprisonnement sans raison d’un ressortissant français. Non, seulement « pour des raisons intérieures » (sic). Là encore, un manque de courage évident. La France doit pourtant en avoir, annuler la saison France-Israël et refuser de recevoir à Paris, le 5 juin, Benyamin Netanyahou.

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