Rapport : Trump réclame que le nombre des réfugiés palestiniens reconnus soit plafonné à un dixième du chiffre actuel

Selon la société d’information télévisuelle d’Israël, l’administration Trump va également annoncer le gel de son financement de l’UNRWA en Cisjordanie et demander à Israël de limiter ses activités.

L’administration Trump s’apprête à annoncer un changement de politique concernant l’Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine au Proche Orient (UNRWA), agence de l’ONU chargée d’assister les réfugiés palestiniens et leurs descendants au Moyen Orient, c’est ce que disait samedi un rapport diffusé par la Société d’Information télévisuelle d’Israël, autrefois connue sous le nom de Channel 2 News.

Selon la Société d’Information, un rapport que l’administration s’apprête à publier début septembre plafonnera le nombre des réfugiés palestiniens à un demi million – environ un dixième du chiffre de l’ONU.

La Société d’Information a dit qu’on s’attend à ce que l’administration annonce qu’elle n’acceptera pas la définition d’un réfugié palestinien par l’UNRWA, qui déclare que le statut de réfugié passe d’une génération à la suivante. En plus, le rapport a dit que les Etats Unis ont l’intention de geler le financement de l’organisation en Cisjordanie et de demander à Israël d’envisager de limiter ses activités. Les Etats Unis sont le principal donateur de l’UNRWA et, l’année dernière, ils ont transféré plus de 360 millions de dollars à l’organisation.

De hauts responsables du gouvernement américain ont récemment rendu plusieurs fois visite à l’UNRWA. Un haut responsable de l’administration Trump a dit ce mois-ci à Haaretz que « le mandat de l’UNRWA avait perpétué et exacerbé la crise des réfugiés et qu’il fallait le changer ». Ce haut responsable a dit également que seul un changement du mandat de l’organisation permettrait aux Palestiniens d’ « atteindre leur potentiel total ».

Ces remarques ont été faites après que le gendre et premier conseiller de Trump, Jared Kushner, ait fait pression sur la Jordanie pour qu’elle retire le statut de réfugié aux deux millions de Palestiniens résidant dans le pays.

En janvier, les Etats Unis ont gelé les dizaines de millions de dollars prêts à être transférés à l’UNRWA.

Du coup, l’agence de soutien de l’ONU a promulgué d’énormes coupes, dont le licenciement de dizaines d’enseignants à Jérusalem Est et en Cisjordanie, et d’environ 100 travailleurs dans les 13 camps de réfugiés de Jordanie. Le Commisaire-Général de l’UNRWA, Pierre Krahenbuhl, a dit que l’UNRWA « n’a plus que de quoi gérer l’agence jusqu’à fin septembre. Nous avons besoin de 217 millions de dollars supplémentaires pour être sûrs que nos écoles, non seulement restent ouvertes, mais puissent fonctionner jusqu’à la fin de l’année ».

Le bureau de Netanyahu a dit en janvier que le premier ministre « soutient une approche critique par le président Trump et pense qu’il faut engager des démarches pratiques pour changer la situation dans laquelle l’UNRWA perpétue le problème des réfugiés palestiniens au lieu de le résoudre ».

Israël a appelé dans le passé à fermer l’agence, prétendant qu’elle permettait aux pays arabes d’éviter d’accueillir et d’absorber les réfugiés palestiniens et leurs descendants. En 2017, Netanyahu a demandé à l’ambassadeur américain aux Nations Unies, Nikki Haley, de réexaminer l’existence de l’UNRWA, disant que l’organisation « perpétue le problème des réfugiés palestiniens » plutôt que de le résoudre et qu’elle devrait donc être démantelée et incorporée à d’autres commissions de l’ONU.

Vendredi, l’administration Trump a annoncé qu’elle a décidé de supprimer 200 millions du budget d’aide aux Palestiniens, coupe approuvée plus tôt cette année par le Congrès. La majeure partie de cet argent était supposée soutenir les projets humanitaires et économiques en Cisjordanie et à Gaza et était censée aller directement à l’Autorité Palestinienne.

Après cette annonce, un responsable du Département d’État américain a dit : « Cette décision prend en compte les défis auxquels fait face la communauté internationale en apportant son aide à Gaza, où le contrôle du Hamas met en danger la vie des citoyens de Gaza et dégrade une situation humanitaire et économique déjà désastreuse. »

Le Congrès avait approuvé à l’origine les 250 millions de dollars d’aide aux Palestiniens pour l’année fiscale en cours. De ce budget total, l’administration Trump a jusqu’ici remis des dizaines de millions de dollars qui sont allés soutenir les forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne. Le reste de la somme était détenu comme faisant partie de l’ « examen » de l’administration intérieure de l’aide aux Palestiniens. A la suite de la décision annoncée vendredi, il sera transféré à d’autres endroits, qui n’ont pas encore été spécifiés.

Cette décision arrive juste quelques jours après que le président Trump ait dit que les Palestiniens « obtiendront quelque chose de très bien », dans le cadre du processus de paix, en conséquence de sa décision de déménager l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem.

Trump a dit que c’était maintenant aux Palestiniens « d’obtenir quelque chose ». On s’attend cependant à ce que la coupe dans l’aide aggrave encore les relations de l’administration avec l’Autorité Palestinienne.

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