LE NPD va débattre d’une motion BDS à sa convention nationale à Ottawa

Une résolution qui appelle Israël à « mettre fin à son occupation » de la terre palestinienne et au Canada de développer des stratégies de boycott, désinvestissement et sanctions contre l’État juif, sera débattue à la fin du mois à la convention du NPD [1] à Ottawa.

La résolution, intitulée « Soutien à une paix juste en Israël/Palestine », appelle « toutes les parties à abandonner la violence et à négocier une solution ancrée dans le droit international », et presse Israël de mettre fin à son occupation et à son programme de colonies, à lever le siège de Gaza et à reconnaître les droits des Arabes Palestiniens et les revendications des réfugiés.

Elle appelle aussi le gouvernement canadien à interdire les produits des colonies israéliennes et s’oppose à « l’action du Parlement pour saper les mouvements non violents », référence probable à la motion fédérale anti-BDS votée en 2016.

Cette résolution est censée remplacer la politique actuelle du parti vis-à-vis d’Israël, qui établit que le NPD croit dans « l’action avec les partenaires pour la paix en Israël et en Palestine, dans le respect des résolutions de l’ONU et du droit international, dans le soutien à une coexistence pacifique dans des États viables, indépendants, dotés de frontières consensuelles, dans la fin de l’occupation israélienne de la terre palestinienne et dans la fin d’une violence qui cible des civils ».

Geneviève Joëlle et Jake Cohen, tous deux membres de Voix Juives Indépendantes, font partie du groupe qui a rédigé la résolution.

Elle a été endossée par 24 associations enregistrées à l’échelle nationale, aussi bien que par de nombreux clubs de campus, des acteurs politiques et des militants, dont Yves Engler, qui a écrit un Essai en 2016 pour le Huffington Post, dans lequel il considérait que le terme antisémitisme « est désormais principalement invoqué pour défendre un privilège juif/blanc ».

Joëlle a dit que les termes de la résolution ont été soigneusement choisis.

« Nous l’avons construite de façon à prendre le contre-pied de toute tentative de groupes voulant étiqueter ce texte comme intrinsèquement antisémite ; elle met en avant quelque chose qui s’enracine dans le respect des droits humains et du droit international » a-t-elle dit.

Cohen a dit que la résolution vise à « constitutionnaliser quelques unes des politiques qui ne sont pas dans la constitution, telles qu’appeler Israël à mettre fin au blocus de Gaza, donc c’est un tas de choses qui ont déjà été exprimées par les députés du NPD, mais qui ne sont pas nécessairement dans le document de politique ».

Il a dit qu’il ne s’attend pas à ce que cette résolution divise les membres, ajoutant qu’une enquête de 2017 a montré que 84% des Nouveaux Démocrates croient qu’il est raisonnable de sanctionner Israël.

« Des gens vont désapprouver » a dit Cohen. « Nous voyons qu’il y a vraiment une opposition, comme par le passé… mais nous pensons qu’il est temps de prendre position… nous voulons que notre politique commence à refléter ce que les membres pensent ».

Joëlle a ajouté que la résolution reçoit un fort soutien au sein du parti.

« C’est dans la ligne de ce que notre parti défend. Nous sommes confiants quant au vote » dit-elle.

Cohen a dit que lors de la campagne de 2017 pour la direction du parti, chaque candidat en lice a pris position contre l’occupation israélienne.

« Concernant notre dirigeant actuel, Jagmeet Singh, nous n’avons pas de certitude quant à sa position sur notre résolution en particulier, mais nous savons qu’il a tweeté sur le blackout d’électricité à Gaza », a dit Cohen en se référant à une série de tweets pro palestiniens postés par Singh en juillet.

En réponse à la résolution, le chef du Centre pour Israël et les Affaires Juives (CIAJ), Koffler Fogel, a dit dans une déclaration que « le CIAJ a joui d’une excellente relation avec le parti et avec ses deux derniers dirigeants, Tom Mulcair et Jack Layton, et que nous espérons construire une relation similaire avec Jagmeet Singh et son équipe ».

Il a félicité à la fois Layton et Mulcair pour leur direction, quand il s’est agi de « repousser des éléments marginaux du parti qui souhaitaient promouvoir un programme extrémiste au détriment des priorités politiques plus larges du NPD » et il a dit espérer que Singh fasse la même chose.

Dans une déclaration du Centre des Amis de Simon Wiesenthal pour les Études sur l’Holocauste, le président et directeur, Avi Benlolo, a dit qu’il avait envoyé une lettre à la présidente du NPD Marit Stiles en la pressant de maintenir « la résolution unilatérale et source de division hors du programme »

« La résolution est trompeuse et dépeint Israël comme un scélérat, omettant de mentionner la violence perpétrée par les Palestiniens et la volonté de l’Autorité Palestinienne de soutenir cette violence » a dit Benlolo.

Le directeur général de la B’nai Brith Canada [2], Michaël Mostin, a dit qu’il avait communiqué à la direction du NDP sa forte opposition à la résolution et qu’il comptait sur « le niveau fédéral du NPD pour rejeter cette résolution anti-Israël » qui est « basée sur des mensonges et ne contribuera à rien à la résolution pacifique du conflit israélo-arabe ».

[1Nouveau Parti Démocratique

[2Loge maçonnique juive sioniste (ndlt)

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