L’USACBI soutient le professeur John Cheney-Lippold : rejoignez nous pour le défendre

La déclaration suivante de l’USACBI est également soutenue par une liste croissante d’universitaires (voir ci-dessous). Pour rejoindre cet appel à la conscience, signez notre pétition de soutien en ligne : https://www.change.org/p/stand-with-john-cheney-lippold

L’USACBI soutient avec force John Cheney-Lippold, professeur associé de Culture Américaine à l’université du Michigan-Ann Arbor. En conformité avec sa conscience et avec les principes du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, le professer Cheney-Lippold a refusé d’écrire une lettre de recommandation pour soutenir la demande d’un étudiant de participer au programme d’études à l’étranger en Israël. En tant qu’organisateurs d’une campagne Boycottez les Etudes à l’Etranger en Israël, nous défendons avec force le professeur Cheney-Lippold et exhortons nos collègues dans tout le pays à le rejoindre dans son acte de conscience.

Il y a au moins quatre raisons pour lesquelles la décision du professeur Cheney-Lippold de ne pas écrire une lettre de recommandation est non seulement justifiée mais terriblement importante pour ceux qui défendent la justice en Palestine et combattent le racisme et l’apartheid :

1) Une lettre de recommandation n’est pas un droit, elle est rédigée à la discrétion des membres de la faculté. Les professeurs, comme tout autre individu, ont le droit d’avoir des positions affirmées sur un sujet de conscience et d’agir en accord avec ces principes. Le professeur Cheney-Lippold soutient le boycott académique d’Israël. En refusant d’écrire une lettre de recommandation pour le programme d’études à l’étranger en Israël, il met en accord ses actes avec ses idées affirmées.

2) En refusant d’écrire une lettre de recommandation pour la participation d’un étudiant au programme d’études à l’étranger en Israël, le professeur Cheney-Lippold n’empêche pas l’étudiant de participer au programme ou de chercher d’autres répondants. Sa décision est plutôt l’expression de sa propre opposition de principe à un programme de ce genre et de sa répugnance à être complice de ce qu’il considère comme une situation internationale injuste.

3) La décision du professeur Cheney-Lippold est enracinée dans l’évidence significative que les programmes d’études à l’étranger en Israël ne sont pas équitablement accessibles à tous les étudiants qui sont dans les universités américaines. Certains étudiants, particulièrement les étudiants originaires de Palestine, du Moyen Orient ou musulmans, qui essaient d’aller en Israël et dans les territoires palestiniens peuvent se voir refuser des visas pour Israël ou se voir refuser l’entrée dans le pays par la douane et les responsables de l’immigration comme établi dans les recommandations aux voyageurs du Département d’État Américain.

En plus, le gouvernement israélien a déclaré son intention de refuser l’entrée aux membres des organisations pro-BDS, telles que Etudiants pour la Justice en Palestine et Voix Juives pour la Paix. Beaucoup d’étudiants sur les campus américains sont membres de ces organisations et seraient interdits d’entrée en Israël. Par conséquent, les programmes d’études à l’étranger en Israël excluent certains étudiants en se fondant sur des bases d’identité nationale, ethnique ou religieuse ou d’un point de vue politique et sont contraires au principe fondamental d’égalité dans les opportunités éducatives.

4) L’opposition du professeur Cheney-Lippold aux programmes d’études à l’étranger en Israël est alimentée par la reconnaissance que les étudiants palestiniens se voient régulièrement refuser leur droit à l’éducation. Les étudiants palestiniens – et les universitaires – vivent dans des conditions extrêmement difficiles dues à l’occupation militaire et à la politique d’apartheid d’Israël. Les programmes d’études à l’étranger en Israël sont un exemple des énormes inégalités auxquelles font face les étudiants palestiniens. Alors que certains étudiants privilégiés des Etats Unis qui ne sont ni arabes ni musulmans sont libres de voyager en Israël et d’aller en Cisjordanie, les étudiants palestiniens de la Bande de Gaza, de Jérusalem et de Cisjordanie sont souvent interdits d’assister à des cours dans leurs propres villes et cités.

Le professeur Cheney-Lippold est un défenseur des droits fondamentaux des Palestiniens et refuse de participer à la normalisation de l’oppression politique israélienne. Ce genre d’action affirme une position éthique de plus en pus partagée dans le monde par des artistes, musiciens, acteurs, universitaires et étudiants qui ont soutenu l’appel palestinien à un boycott académique et culturel d’Israël. En agissant ainsi, le professeur Cheney-Lippold et les universitaires qui partagent son état d’esprit cherchent à faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à l’occupation, qu’il reconnaisse et applique le droit fondamental au retour des réfugiés palestiniens et qu’il abolisse ses lois discriminatoires et son système d’apartheid envers les citoyens palestiniens d’Israël privés de l’égalité des droits. Pratiquer des activités éducatives et culturelles « normales » avec les universités israéliennes – qui soutiennent activement les pratiques d’oppression – c’est se rendre complice d’actes discriminatoires et injustes.

En tant qu’éducateurs, nous avons la responsabilité morale d’être fidèles à nos convictions politiques, de faire progresser la justice sociale et de dévoiler les mensonges et les vérités partielles. Etant donné l’aide extraordinaire financière et militaire des Etats Unis à Israël, les Américains ont d’autant plus de responsabilité à faire pression sur Israël. Les gens de conscience, comme le professeur Cheney-Lippold, ont la responsabilité de défendre une égalité de traitement pour tous les membres de la société et de faire des gestes pacifiques pour s’opposer à l’oppression.

Les conseillers de Trump, Betsy DeVos, à la tête du département de l’Education, et l’ancien président du Brandeis Center Kenneth Marcus, chef de la Division des Droits Civiques de ce département, ont proposé une politique qui vise à supprimer la défense des droits fondamentaux des Palestiniens sur les campus universitaires des Etats Unis. DeVos et Marcus ont fait savoir clairement que l’administration américaine actuelle ignorera les principes de liberté académique et de liberté d’expression afin d’empêcher toute critique de la politique d’État d’Israël.

Dans ce contexte, la décision du professeur Cheney-Lippold est une expression particulièrement exemplaire de ses droits professionnels et politiques. Nos collègues universitaires devraient applaudir son courage, qui en inspirera d’autres à prendre position et à s’opposer aux programmes d’études à l’étranger en Israël. Nous nous joignons à lui pour affirmer que, nous non plus, nous n’écrivons pas de lettres de recommandation qui aideraient des étudiants à participer aux programmes d’études à l’étranger en Israël. Nous appelons également nos collègues à s’appuyer sur son acte de conscience et à refuser de participer aux programmes d’Etudes à l’Etranger en Israël en prenant l’engagement de boycotter. Vous pouvez trouver ici a boîte à outils pour organiser une campagne sur votre campus, ainsi que les moyens de recherche.

Enfin, nous invitons nos collègues à soutenir le professeur Cheney-Lippold en signant cette pétition : https://www.change.org/p/stand-with-john-cheney-lippold

Les professeurs suivants ont signé cette déclaration :

Richard Falk, Professeur Emérite de Droit International, université de Princeton
Cynthia Franklin, Professeure d’Anglais, Université de Hawaï
Terri Ginsberg, université Américaine du Caire
Salah Hassan, université de l’État de Michigan
David Klein, Professeur de Mathématiques, université de l’État de Californie, Northridge
Sunaina Mairs, Professeure d’Etudes Américaino-Asiatiques
Adam Miyashiro, université de Stockton
Bill V. Mullen, Professeur d’Etudes Américaines, université de Purdue
David Palumbo-Liu, chaire Louise Hewlett Nixon, université de Stanford
Snehal Shingavi, Professeur d’Anglais, université du Texas

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