L’université de Manchester a remis en place la déclaration de solidarité palestinienne dans sa galerie

| Damien Gayle pour The Guardian | Traduction CG pour l’AURDIP |

L’université de Manchester est revenue sur sa décision d’enlever une déclaration de solidarité avec « la lutte de libération » de la Palestine dans le cadre d’une exposition sur les travaux d’une agence enquêtant sur les droits humains.

Alistair Hudson, le directeur de la galerie Whitworth de l’université, a dit qu’il était important que l’exposition Cloud Studies de Forensic Architecture « reste complètement ouverte ». L’association « Avocats du Royaume-Uni pour Israël » (UK Lawyers for Israel, UKLFI) a répondu qu’elle « considérait toutes les options ».

Un cadre supérieur de l’université avait auparavant écrit à des groupes juifs pour leur dire que le communiqué à l’entrée de l’exposition, critiqué comme « factuellement inexact et dangereusement partial », avait été enlevé.

Hudson a dit que la galerie Whitworth fournirait à la place un espace pour des réponses alternatives afin de contextualiser les questions soulevées par Cloud Studies. « Ce sera exposé de manière très visible dans la galerie », a-t-il dit.

Il a ajouté : « L’université, comme organisation non-politique, a essayé d’équilibrer des questions extrêmement complexes soulevées par l’exposition, mais nous croyons que le pire résultat pour toutes les parties concernées serait de devoir fermer cette exposition pour une période de temps étendue ».

Le recul de l’université arrive après que Forensic Architecture a répondu à la décision d’enlever son texte en retirant Cloud Studies « avec effet immédiat » le dimanche. Ce jour-là, la galerie a twitté que l’exposition était fermée due à « des circonstances imprévues » et il n’était pas prévu d’ouvrir ni le lundi ni le mardi.

Le mercredi, des groupes pro-palestiniens ont organisé des manifestations. Manchester Palestine Action a dit que l’université avait « supprimé la vérité sur les crimes de guerre d’Israël », pendant que ses soutiens se réunissaient au Whitworth. La « Campagne de solidarité avec la Palestine » a dit qu’elle avait coordonné par sa plateforme en ligne 13000 lettres adressées à l’université.

L’impact de la guerre en Palestine n’était que l’un des problèmes sur les droits humains examinés par Cloud Studies. Mais une déclaration apposée à l’entrée de l’exposition dénonçait spécifiquement les opérations militaires d’Israël à Gaza et son « nettoyage ethnique » des Palestiniens.

Elle disait que la « lutte de libération » palestinienne était « inséparable d’autres luttes globales » et particulièrement de la lutte pour la libération des Noirs.

Dans une lettre adressée à l’université de Manchester le mois dernier, UKLFI avait dit que la déclaration était pleine d’inexactitudes et qu’elle « semblait conçue pour provoquer des discordes raciales » en essayant d’« identifier faussement les Israéliens et les Blancs suprémacistes ».

Le groupe demandait quelle attention avait été portée à l’« impact du langage et des représentations incendiaires » de l’exposition sur les communautés juives de Manchester, et avertissait que l’université pourrait être en rupture avec son devoir d’équité, en tant que membre du secteur public, afin de « favoriser les bonnes relations entre différentes communautés ».

Le professeur Nalin Thakkar, vice-président de l’université chargé de la responsabilité sociale, a écrit en réponse qu’il comprenait les inquiétudes soulevées par la déclaration, ajoutant : « Nous pensons approprié qu’elle soit retirée, ce que nous avons maintenant fait ».

Après sa réinstallation, Eyal Weizman, directeur de Forensic Architecture, a dit qu’il avait indiqué clairement à l’université que le devoir d’équité devait inclure des Palestiniens.

« Le devoir d’équité s’étend à toutes les communautés », a dit Weizman. « L’effet du retrait de la déclaration que nous avons constaté sur les Palestiniens de Manchester et sur les groupes pro-palestiniens est énorme, précisément parce qu’ils sont laissés en dehors de la discussion ».