Défendez la liberté académique et le droit à boycotter : soutenez Lucy Peterson et John Cheney-Lippold

La Campagne américaine pour le boycott académique et culturel d’Israël (USACBI) exprime son soutien et sa solidarité avec deux universitaires de l’université du Michigan (UM), John Cheney-Lippold (maître de conférences américain titulaire en études numériques) et Lucy Peterson (diplômée enseignante non titulaire), qui ont tous deux refusé d’écrire des lettres de recommandation en accord avec leurs convictions de principe et leur engagement dans BDS.

Ils ont été accusés de conduite « professionnellement non éthique », des accusations qui arrivent dans un contexte de répression académique sioniste aux Etats-Unis. USACBI condamne fermement la labellisation trompeuse, comme « professionnellement non éthique », d’une action fondée sur des principes telle que le refus des universitaires de conscience d’écrire des lettres de recommandation pour des étudiants qui souhaitent participer à des programmes d’études à l’étranger dans des institutions universitaires israéliennes complices d’un système d’apartheid d’état. De fait, nous appelons tous les universitaires à suivre le chemin que Cheney-Lippold et Peterson ont pris, en refusant de participer à ces systèmes de complicité, en accord avec l’appel palestinien pour le boycott académique d’Israël et de ses institutions universitaires.

Depuis que nous avons lancé Resist Racist Repression, Defend Solidarity with the Palestinian People : National Defense Campaign, USACBI a été engagé dans un combat contre le harcèlement sioniste (y compris un harcèlement institutionnel) et la guerre légale de droite menée contre les militants BDS. Les universitaires américains ont commencé à parler de la situation d’universiti-cide en Palestine et à honorer le boycott universitaire d’Israël, individuellement et collectivement. Nous applaudissons le courage des enseignants et des étudiants diplômés qui interviennent pour sortir de la complicité avec les institutions universitaires israéliennes et pour montrer à leurs étudiants et à leurs collègues un exemple de l’ « universitaire engagé », dont beaucoup d’universités font actuellement la promotion. Ne pas écrire une lettre de recommandation pour un étudiant qui veut étudier dans une institution israélienne est une petite action que les enseignants peuvent faire — et doivent faire — pour boycotter les programmes pour aller étudier en Israël.

Le harcèlement institutionnel du professeur John Cheney-Lippold a déjà commencé. Il « n’aura pas d’augmentation au mérite pendant l’année universitaire 2018-19 et ne pourra pas prendre son congé sabbatique prévu en janvier prochain, ni de congé sabbatique pendant les deux prochaines années », selon la lettre signée par Elizabeth Cole, doyenne par intérim de la Faculté des lettres, sciences et arts d’UM. 

S’engager dans un boycott académique est un droit constitutionnellement protégé d’expression politique et une position que les personnes de conscience ont prise pour refuser toute complicité avec des institutions d’oppression. Et adhérer, en particulier, au boycott des institutions universitaires israéliennes lancé par les Palestiniens, c’est prendre une position de principe en faveur des droits humains palestiniens. Les universités israéliennes participent à l’oppression des Palestiniens de plusieurs manières bien documentées, depuis le fait de faire de la recherche pour l’occupation militaire jusqu’à celui de bâtir des campus sur des terres palestiniennes volées ou de réprimer la liberté universitaire des étudiants palestiniens et de censurer leurs activités politiques. Aucune institution universitaire israélienne n’a jamais protesté contre les violations des droits humains par l’état d’Israël. Pourtant l’état israélien continue de dénier aux étudiants et aux universitaires palestiniens leur droit à la liberté de mouvement et leur droit à l’éducation, en les retenant et les assiégeant en Cisjordanie, à Jérusalem et dans Gaza et en les soumettant à la discrimination raciale dans chaque aspect de leur vie à l’intérieur d’Israël.

Critiquant les universitaires israéliens, Ilan Pappe écrit dans On Palestine (2015) : « L’université, comme toujours, devient une partie de la machinerie [d’un génocide progressif]. La prestigieuse université privée qu’est le Centre interdisciplinaire Herzliya a établi « un quartier-général civil » où des étudiants sont volontaires pour servir de porte-parole pour la campagne de propagande à l’étranger. Diverses universités ont offert à l’état leurs étudiants pour aider à combattre en faveur du narratif israélien dans le cyberespace et les médias alternatifs ».

De fait, même si l’état d’Israël n’était pas l’objet d’un boycott, le professeur Cheney-Lippold est un professeur d’université dont le refus d’écrire une lettre de recommandation devrait être compris comme une forme de pratique de savoir qui est protégée par les principes de la liberté académique. Dans la mesure où le professeur Cheney-Lippold sait que les programmes d’études à l’étranger organisés en Israël sont discriminatoires contre des groupes entiers de personnes sur la base de leurs origines ethniques et religieuses, il a tous les droits de refuser de soutenir le désir de n’importe quel étudiant de participer à de tels programmes, et s’il est contraint à quelque chose, c’est à éduquer cet étudiant à propos de cette discrimination–ce que le professeur Cheney-Lippold a fait, en réalité, en refusant d’écrire une lettre de recommandation pour un étudiant qui souhaitait partir étudier en Israël.

Il est outrageant que des membres de l’université –d’abord John Cheney-Lippold, et maintenant, d’une manière calquée, Lucy Peterson–soient condamnés, menacés et même punis en violation de leur libre expression et de leur liberté académique. De telles répressions mccarthyistes créent un climat réfrigérant pour les universitaires et menacent les carrières des étudiants diplômés et des enseignants débutants de l’université. La censure exceptionnelle contre la critique d’Israël et en même temps le soutien inconditionnel des Etats-Unis pour Israël en un temps où les Etats-Unis sont sérieusement déphasés par rapport à la critique internationale des violations des droits humains, ne font que défigurer le monde académique américain à un moment où notre critique indépendante est la plus nécessaire.

Punir des enseignants qui refusent d’écrire des lettres en vue d’une admission dans des programmes qui ont un bilan et un ensemble de politiques discriminatoires bien documentés a l’effet de contourner complètement la mission éducative de l’université, qui, nous le supposons, signifie l’égal accès à l’éducation pour tous, un sentiment ancré dans la Déclaration universelle des droits humains, et de faire des professeurs de simples pourvoyeurs de service.
Punir des enseignants qui refusent d’écrire des lettres ouvre aussi la possibilité que les universités deviennent les pions d’organisations à objectif idéologique qui ciblent les professeurs critiques de leurs points de vue, et à engager les étudiants à demander des lettres qu’ils savent que ces professeurs, à cause de leurs principes, refuseront probablement d’écrire.

L’affaire a été volontairement mésinterprétée comme une question de « traitement incorrect » d’un étudiant qui a après tout plusieurs autres enseignants à qui demander des recommandations. En aucun cas il n’est privé de liberté universitaire, contrairement à l’entière catégorie d’étudiants contre qui le programme en question exerce sa discrimination.

Il incombe tout particulièrement aux membres de l’université de soutenir Lucy Peterson à un moment où, au nom de la libre expression, des groupes nazis, fascistes, et autres suprémacistes blancs, des groupes islamophobes et antisémites organisent des événements sur les campus universitaires ; où la libre expression politique est pénalisée ; et où la personne nommée par Trump pour diriger le bureau des droits civils du département de l’éducation, Kenneth Marcus, cherche à appliquer une définition visiblement fausse de toute critique d’Israël comme antisémite.

Nous appelons tous les membres de l’université et les défenseurs de la liberté académique à nous rejoindre pour soutenir Lucy Peterson, John Cheney-Lippold et d’autres universitaires de conscience. Nous appelons l’administration de l’université du Michigan à annuler immédiatement toutes les mesures disciplinaires prises contre Cheney-Lippold et à garantir que Peterson ne sera sujette à aucune sanction universitaire, professionnelle ou autre pour avoir fait preuve de conscience.

Nous appelons à signer la pétition ci-dessous, disponible à https://www.change.org/p/elizabeth-cole-defend-lucy-peterson-john-cheney-lippold-support-academic-freedom-right-to-boycott :

Nous, soussignés, appuyons la prérogative de Lucy Peterson de suivre sa conscience en refusant de signer une lettre de recommandation pour un étudiant voulant étudier dans une institution universitaire israélienne. Nous demandons que l’université où elle travaille comme enseignante renonce à la sanctionner ou à la harceler de quelque façon que ce soit.

Etudiante diplômée et enseignante à l’université du Michigan (UM), Lucy Peterson a refusé d’écrire une lettre de recommandation pour un étudiant participant à un programme d’études en Israël. Ce refus fait partie de l’exercice de sa propre liberté académique et de son jugement indépendant comme éducatrice universitaire, ainsi que de l’appel palestinien pour le boycott académique d’Israël.

Punir des enseignants qui refusent d’écrire des lettres en vue d’une admission dans des programmes qui ont un bilan et un ensemble de politiques discriminatoires bien documentés a l’effet de contourner complètement la mission éducative de l’université, qui, nous le supposons, signifie l’égal accès à l’éducation pour tous, un sentiment ancré dans la Déclaration universelle des droits humains, et de faire des professeurs de simples pourvoyeurs de service.
Punir des enseignants qui refusent d’écrire des lettres ouvre aussi la possibilité que les universités deviennent les pions d’organisations à objectif idéologique qui ciblent les professeurs critiques de leurs points de vue, et à engager les étudiants à demander des lettres qu’ils savent que ces professeurs, à cause de leurs principes, refuseront probablement d’écrire.

Nous exprimons notre soutien à Lucy Peterson, et nous sommes consternés d’apprendre que l’université du Michigan a décidé d’une mesure disciplinaire contre le professeur titulaire John Cheney-Lippold. Nous appelons l’administration de l’UM à garantir que :

  • Lucy Peterson ne soit pas sujette à des sanctions ou des mesures disciplinaires universitaires ou professionnelles pour son acte de conscience.
  • la mesure disciplinaire contre John Cheney-Lippold pour son refus d’écrire une lettre de recommandation soit annulée en totalité.
  • la liberté académique des universitaires d’écrire ou non des lettres de recommandation pour des motifs de conscience soit respectée.
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