Communiqué de presse de l’AURDIP et du BRICUP : Appel à boycotter le prochain congrès de la FEBS à Jérusalem Des scientifiques et universitaires internationaux affirment que c’est le « devoir moral » de leurs collègues que de boycotter la conférence de Jérusalem

Un groupe de scientifiques et universitaires palestiniens, israéliens et internationaux, s’est adressé à des collègues pour qu’ils annulent leur participation à une conférence prévue en Israël afin de montrer leur solidarité avec les Palestiniens qui vivent sous l’occupation.

La Fédération européenne des sociétés de biochimie (FEBS) va tenir son congrès de 2017 du 10 au 14 septembre. Mais le lieu - le Centre de conventions internationales de Jérusalem – fait qu’elle est prise pour cible par la Campagne pour le boycott académique d’Israël conduite par les Palestiniens.

La lettre, qui a été signée par 89 scientifiques et universitaires, notamment Sir Iain Chalmers (Royaume-Uni), la professeure Claudine Chaouiya (Portugal), le professeur Ivar Ekeland (France), le professeur Malcolm H Levitt FRS FRSC (Royaume-Uni) et le professeur Steven Rose (Royaume-Uni), attire l’attention de ses destinataires sur les « attaques directes qu’Israël a dirigées contre le droit des Palestiniens à l’éducation : elles incluent le bombardement d’écoles et d’universités, et le blocage des accès à leurs sites ». La lettre a été adressée à tous les orateurs de la Conférence.

Un autre facteur à l’appui de l’appel au boycott est l’accès inégal des Palestiniens à la santé. L’un des thèmes du Congrès de la FEBS est précisément la biochimie du cancer, ce qui, comme le souligne la lettre, est tragiquement ironique. « Le taux de survie à 5 ans du cancer du sein à Gaza qu’Israël assiège depuis dix ans, n’est que de 30%, alors qu’il est de 86% en Israël. En 2016, seuls 44% des patients de Gaza ayant demandé l’accès aux hôpitaux israéliens l’ont obtenu ; plus de la moitié de ceux qui ont été refusés étaient des patients atteints de cancer ».

La lettre poursuit avec une liste des restrictions israéliennes qui empêchent les étudiants de Gaza de fréquenter les universités de Cisjordanie ; le système de check-points israélien en Cisjordanie occupée qui dresse quotidiennement des obstacles pour les Palestiniens qui tentent de se rendre à l’école ou à l’université ; et la « discrimination institutionnalisée » à laquelle sont en butte les étudiants palestiniens au sein de l’État d’Israël.

Le Congrès de la FEBS est parrainé par des institutions académiques israéliennes, lesquelles sont accusées d’être « lourdement complices des violations des droits humains perpétrées par Israël ». L’université de Tel Aviv et Technion, par exemple, ont développé des systèmes d’armes et des doctrines militaires qui sont utilisés pour commettre ce qu’Amnesty International et Human Rights Watch ont condamné comme des crimes de guerre, quant au campus du Mont Scopus de l’Université hébraïque, il est partiellement construit sur des terres palestiniennes illégalement confisquées dans Jérusalem-Est occupée.

Le professeur Ahmed Abbes, secrétaire de l’AURDIP, a déclaré : « En organisant son congrès à Jérusalem, la FEBS contribue sciemment ou non à laver Israël de tout soupçon pour sa répression violente contre les droits de l’homme des Palestiniens. Nous espérons que nos collègues saisiront cette occasion pour consulter leur conscience, écouter la voix de la société civile palestinienne, et refuser de franchir cette ligne rouge ».

Le professeur Jonathan Rosenhead, président de BRICUP, a déclaré : « Israël compte sur les évènements académiques internationaux comme ce congrès de la FEBS pour apparaître comme un pays normal. L’opinion publique mondiale n’est pas d’accord – la violation par Israël, pendant 50 ans, du droit international et des droits de l’homme le met dans une classe à part. Les scientifiques peuvent jouer un rôle clé pour mettre l’accent sur cette analyse ».

Le boycott académique d’Israël s’inspire du boycott similaire de l’Afrique du Sud de l’apartheid qui avait été demandé en 1965 par 496 académiciens de 34 universités du Royaume-Uni. Le boycott d’Israël vise les institutions plutôt que les personnes, et il ne cesse de prendre de la force depuis qu’il a été lancé en 2005. En 2013, comme la lettre le fait remarquer, Stephen Hawking a tenu compte des appels lancés par les scientifiques palestiniens, et il a annulé sa participation prévue à une conférence israélienne. Les signataires demandent aux participants potentiels au Congrès de la FEBS de suivre son exemple.

La lettre conclut : « S’abstenir de prêter son nom à un système d’injustice n’est pas un acte de charité ; c’est un devoir moral fondamental ».

Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)

British Committee for Universities of Palestine (BRICUP)

- La lettre et la liste intégrale de ses signataires : Appel à boycotter le prochain congrès de la FEBS à Jérusalem (August 12, 2017)

- Le site official du Congrès

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