Airbnb retire sa liste d’hébergements dans les colonies juives de Cisjordanie

| Noa Landau, Yotam Berger, Jack Khoury and Reuters pour Haaretz |Traduction LGr pour l’AURDIP |Actualités

« Ceci ne peut qu’être une conséquence de l’antisémitisme ou de la capitulation face au terrorisme », déclarent des colons. Le ministre israélien du tourisme a demandé à son ministère de restreindre les activités de l’entreprise dans le pays.

La société de location de maisons, Airbnb Inc, a déclaré lundi qu’elle avait décidé de retirer ses listes d’hébergements dans les colonies juives de Cisjordanie. Ces colonies constituent des enclaves que la plupart des puissances mondiales considèrent comme illégales car elles s’approprient les terres sur lesquelles les Palestiniens veulent bâtir leur état. En réponse à la démarche de Airbnb, le ministre israélien du tourisme, Yariv Levin, a demandé à son ministère de restreindre les activités de l’entreprise dans le pays.

Un communiqué sur le site internet d’Airbnb déclare : « Nous en avons conclu que nous devions retirer les listes dans les colonies israéliennes en Cisjordanie car elles sont au cœur du conflit entre Israéliens et Palestiniens. »

Le communiqué ne mentionne pas à quel moment la décision, qui, selon Airbnb, concerne près de 200 listings, prendra effet.

Le ministre des affaires stratégiques, Gilad Erdan, a appelé les hôtes d’Airbnb affectés par cette décision de porter plainte contre l’entreprise, conformément à la loi anti-boycott d’Israël. Il a aussi déclaré qu’il se tournerait vers des hauts responsables états-uniens pour vérifier que la décision de l’entreprise n’est pas une violation des lois anti-boycott « qui existent dans plus de 25 états. »

Il a déclaré qu’ « il y a des conflits nationaux partout dans le monde et Airbnb va devoir expliquer pourquoi ils ont choisi une position politique raciste vis à vis de certains citoyens israéliens. »

En réponse à la décision d’Airbnb, le Conseil de Yesha (colonies), a déclaré que « c’est une entreprise qui n’a aucun scrupule à louer des appartements dans des dictatures à travers le monde et dans des lieux où les droits de l’homme ne sont en aucun cas respectés mais qui s’en prend à Israël. Ceci ne peut qu’être une conséquence de l’antisémitisme ou de la capitulation face au terrorisme – ou les deux. »

M. Levin a exigé qu’Airbnb revienne sur sa décision « discriminatoire », déclarant que c’était une « décision épouvantable et honteuse. »

Le chef palestinien des négociations, Saeb Erekat, a déclaré qu’Airbnb aurait dû inclure Jérusalem Est à sa décision et déclarer que les colonies « sont illégales et constituent un crime de guerre. » Il a ajouté : « Nous réitérons notre appel au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies de publier la liste des entreprises qui tirent profit de l’occupation coloniale israélienne. »

Airbnb et ses listes de logements dans les colonies, étaient devenus la cible de critiques de la part des Palestiniens, qui les considèrent comme trompeuses car elles ne mentionnent pas que ces propriétés se trouvent sur des terres occupées, revendiquées par les Palestiniens.

Les Palestiniens expliquent qu’en contribuant à l’économie des colonies, Airbnb, comme d’autres sociétés faisant affaires en Cisjordanie, aident à faire perdurer l’entreprise coloniale israélienne.

« Il existe des avis divergents sur le fait que des entreprises fassent affaires dans des territoires occupés qui sont sujets à des conflits historiques entre Israéliens et Palestiniens, » stipule le communiqué d’Airbnb.

Le communiqué poursuit : « Par le passé, nous avons été clairs sur le fait que nous opérerions dans cette zone comme le permet la loi. Nous l’avons fait parce que nous croyons en l’incroyable valeur de la rencontre par le voyage et nous voulons aider les gens à se rencontrer dans un maximum de lieux à travers le monde. C’est pourquoi nous avons passé énormément de temps à parler à de nombreux experts. Nous savons que des gens seront en désaccord avec notre décision et nous comprenons leur point de vue. »

Oded Revivi, maire de la colonie Efrat, en Cisjordanie, et représentant de Yesha, a décrit la décision d’Airbnb comme contraire à sa mission, décrite sur son site internet, de« permettre aux gens de se rencontrer dans un maximum de lieux à travers le monde ».

Israël s’est emparé de la Cisjordanie, la Bande de Gaza et Jérusalem Est lors de la guerre de 1967 et a commencé à construire des colonies peu de temps après.

Bien qu’Israël se soit retiré de la Bande de Gaza en 2005, la population de colons à Jérusalem Est et en Cisjordanie a atteint près de 600 000 personnes. Les Palestiniens revendiquent ces terres comme faisant partie de leur futur état, position largement soutenue à travers le monde.

Airbnb a expliqué que dans le cadre de leur prise de décision, ils avaient « évalué si l’existence de ces listes de logements contribuait à une souffrance humaine existante » et « déterminé si l’existence des ces listes de logements en territoire occupé a un lien direct avec le conflit dans la région. »

The Associated Press a contribué à cet article

Navigation

|Formulaires et listes
Faire un don

Votre don à l’AURDIP nous permettra de financer nos activités, d’imprimer des documents, de publier des informations, et de faire campagne auprès des universitaires.
Faire un don

Newsletter