A propos de l’analyse de Ghislain Poissonnier publiée au Dalloz Actualités le 3 juin 2022 sur l’appel au boycott des produits israéliens.

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Le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) dont l’Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) est un des soutiens et des acteurs en France a été honteusement attaqué par les autorités françaises depuis sa création. Honteusement, car le mouvement BDS ne demande qu’une seule chose : le respect du droit international et donc la fin de l’occupation et de la colonisation de la Palestine, l’égalité des droits entre Palestiniens et Israéliens, la reconnaissance du droit au retour des Palestiniens expulsés illégalement de leurs terres. Toute chose reconnue par le droit international et qui devrait faire consensus de manière évidente dans un état de droit. Mais c’est visiblement trop exiger aux yeux des autorités françaises. Un des symboles des attaques des autorités françaises contre le mouvement BDS est la tentative (également honteuse) de pénalisation des appels au boycott des produits israéliens. Pourtant, quoi de plus naturel pour les personnes attachées au respect de la légalité internationale de refuser d’acheter des produits issus de l’État d’Israël, un État qui a mis en place un système d’apartheid (comme l’a indiqué récemment Amnesty International) et qui occupe, colonise et réprime depuis 1948. Là encore, pour les autorités françaises, c’est aller trop loin et le ministère de la Justice a rêvé, via des circulaires et l’aide de la Cour de cassation, de faire des « boycotteurs » des délinquants. Un rêve bien heureusement brisé par la Cour européenne des droits de l’homme en 2020, qui a rappelé une évidence : les citoyens ont le droit de boycotter et d’appeler au boycott des produits israéliens.

L’article de Ghislain Poissonnier publié au Dalloz Actualités le 3 juin 2022 sur l’appel au boycott des produits israéliens rend hommage aux juges de la Cour européenne des droits de l’homme mais également à la majorité des juges français de première instance et d’appel qui ont refusé de pénaliser les appels au boycott des produits israéliens et d’obéir aux injonctions du ministère de la Justice. C’est peut-être la principale leçon à retenir de cet article complet et documenté : dans le conflit israélo-palestinien, comme ailleurs, il faut rester fidèle à ses valeurs et ne pas se laisser influencer par les modes ou les intimidations.

L’Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)